Question de Mme RENAUD-GARABEDIAN Évelyne (Français établis hors de France - Les Républicains-R) publiée le 02/04/2026

Mme Évelyne Renaud-Garabedian interroge M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur les conditions de délivrance et de reconnaissance des certifications de langue française à l'international. Alors que la demande d'apprentissage du français progresse à l'échelle mondiale, le rapport 2026 de l'Organisation internationale de la francophonie met en évidence une concurrence accrue sur le marché des certifications linguistiques. Il apparaît que certaines certifications de français sont désormais délivrées ou promues par des organismes non francophones. À titre d'exemple, le test de français international (TFI), conçu par Educational Testing Service, organisation américaine à but non lucratif, est utilisé par des entreprises et institutions pour évaluer le niveau de français, parfois en substitution aux diplômes officiels délivrés par le ministère français de l'éducation nationale, tels que le DELF et le DALF. Ces certifications semblent répondre davantage à des usages professionnels, notamment en entreprise, ce qui peut expliquer leur diffusion croissante au détriment de certifications françaises perçues comme plus académiques.
Cette situation soulève plusieurs interrogations, tant en termes de souveraineté linguistique que de cohérence de la politique de promotion du français à l'étranger, notamment lorsque ces choix fragilisent l'activité des opérateurs français, comme les Alliances françaises, dont le modèle économique repose en partie sur l'enseignement et la certification. Elle l'interroge sur la place occupée aujourd'hui par les certifications de français délivrées par des organismes non francophones dans le marché international. Elle souhaiterait savoir si le Gouvernement dispose d'une évaluation de leur diffusion et de leurs usages, notamment par les entreprises et les établissements d'enseignement, et si une réflexion est engagée en vue de développer une certification de français mieux adaptée aux besoins des entreprises et aux usages professionnels. Enfin, elle demande quelles mesures sont envisagées pour éviter que l'évaluation de la langue française ne soit progressivement captée par des opérateurs étrangers.

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En attente de réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères.

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