Question de Mme CONWAY-MOURET Hélène (Français établis hors de France - SER) publiée le 09/04/2026
Mme Hélène Conway-Mouret attire l'attention de Mme la ministre des armées et des anciens combattants sur les risques majeurs que fait peser l'usage non encadré d'applications de suivi sportif géolocalisé, telles que Strava, par des militaires et anciens militaires français.
Depuis février 2024, une enquête approfondie menée par le quotidien Le Monde a permis de suivre quotidiennement plus de 18 000 profils de militaires et ex-militaires français via cette application. Ces profils, laissés en accès public, révèlent des données particulièrement sensibles, parfois susceptibles de relever du secret de la défense nationale.
Ces informations permettent notamment de cartographier certaines activités opérationnelles de l'armée française, d'identifier des données personnelles (adresse du domicile et celui des proches, identité, habitudes de vie), de déduire les périodes de déploiement ou de repos des personnels, de connaître le rythme des patrouilles, de localiser des militaires engagés dans des opérations extérieures ou des missions sensibles ou encore d'identifier des implantations confidentielles de forces françaises à l'étranger. Cette vulnérabilité a, entre autres, conduit à révéler la position du groupe aéronaval articulé autour du porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée, à partir d'une simple activité sportive enregistrée par un officier. De même, des itinéraires empruntés par les équipes de protection rapprochée de différents chefs d'État ont pu être reconstitués, posant un risque évident pour leur sécurité.
Alors que le ministère des armées affirme prendre ces enjeux « très au sérieux » et avoir renforcé les consignes ainsi que les sanctions, il apparaît que les effets restent très limités : sur les 18 000 profils identifiés, seuls environ 1 300 ont été rendus privés à ce jour.
Dans ce contexte, elle lui demande quelles mesures concrètes et systématiques le ministère des armées entend mettre en oeuvre pour garantir le respect effectif des règles de sécurité numérique par l'ensemble des personnels militaires, en activité comme en réserve ou retraités récents, afin de remédier à ces vulnérabilités manifestes qui portent atteinte à la sécurité des personnels et des bases et, plus largement, aux intérêts fondamentaux de la Nation.
- page 1678
Réponse du Ministère des armées et des anciens combattants publiée le 14/05/2026
La protection des emprises militaires, de leurs activités et du personnel civil et militaire qui y travaille repose sur une approche globale prenant en compte les champs cybernétique et informationnel. Des contrôles réguliers sont effectués au sein des emprises les plus sensibles afin d'assurer leur sécurité, ainsi que celle des opérations et des personnels. Préalablement à tout déploiement, des consignes strictes sont transmises aux militaires. Des rappels et des contrôles sont effectués. Le personnel du ministère des armées et des anciens combattants, ainsi que celui des industriels et des sous-traitants partenaires, est régulièrement sensibilisé aux impératifs de discrétion. Un guide du bon usage des réseaux sociaux a été diffusé au sein des armées, directions et services afin de permettre à chacun d'adopter les bonnes pratiques. Des campagnes de sensibilisation ont été menées pour rappeler aux agents du ministère la nécessité de discrétion sur les supports numériques, afin de garantir leur sécurité et ainsi que celle des opérations. Le non-respect des consignes de sécurité peut donner lieu à des sanctions individualisées et proportionnées. Le cloisonnement des informations et le secret entourant les activités opérationnelles des armées permettent de garantir leur sécurité ainsi que celle des agents y participant.
- page 2399
Page mise à jour le