Question de Mme HAVET Nadège (Finistère - RDPI) publiée le 09/04/2026
Mme Nadège Havet appelle l'attention de Mme la ministre déléguée auprès de la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, chargée de la mer et de la pêche sur les graves répercussions de la récente flambée des prix du carburant pour les professionnels de la conchyliculture en France.
Dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques accrues au Moyen-Orient, le prix du gasoil maritime a connu une augmentation spectaculaire, passant en quelques semaines de 0,62 euros le litre à plus de 0,82 euros, voire jusqu'à 1 euro dans certains ports.
Cette hausse, pouvant dépasser 40 % selon les zones, frappe très durement le secteur de la pêche et les entreprises conchylicoles, dont l'activité dépend quotidiennement du carburant pour leurs opérations en mer et leurs transports terrestres.
Cette augmentation intervient alors que la filière traverse une période économique particulièrement difficile, marquée par des fermetures sanitaires répétées, une baisse de la consommation liée à l'érosion du pouvoir d'achat et une dégradation des débouchés commerciaux.
En outre, les transporteurs répercutent la hausse du gazole routier sous forme de surcharges, aggravant encore les difficultés financières des exploitations.
Alors que la conchyliculture, pilier essentiel de la vitalité locale, joue un rôle clé dans l'économie des territoires littoraux, la poursuite de cette hausse des coûts menace directement la pérennité des entreprises, l'emploi et l'équilibre des bassins de production.
Face à cette situation critique, les professionnels demandent la mise en place immédiate de mesures d'urgence, notamment une aide directe sur le carburant, indexée sur les volumes consommés, la mobilisation des dispositifs du fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l'aquaculture (FEAMPA) ainsi que des mesures de soutien conjoncturel adaptées.
Dans ce cadre, elle souhaite savoir quelles actions concrètes le Gouvernement compte engager à court terme pour soutenir les entreprises conchylicoles.
- page 1690
Réponse du Ministère délégué auprès de la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, chargé de la mer et de la pêche publiée le 04/06/2026
La guerre en Iran et la déstabilisation qu'elle entraîne au Proche et Moyen-Orient ont provoqué une forte augmentation des prix du carburant. Conscient de l'impact économique de cette crise, le Gouvernement a mis en place une réponse rapide et à deux niveaux. D'une part, différents dispositifs visant à soulager la trésorerie des entreprises ont été mobilisés, notamment le report des cotisations sociales et l'étalement des échéances fiscales sans frais ni majorations, mais également la mise en place d'un prêt dédié « Boost Carburant » porté par Bpifrance. Le Gouvernement a également appelé le secteur bancaire à jouer pleinement son rôle d'accompagnement des entreprises face à la crise. D'autre part, le Gouvernement a annoncé des dispositifs ciblés sur les filières les plus impactées. Les conchyliculteurs sont ainsi éligibles à l'aide au gazole non-routier (GNR), qui consiste en la prise en charge du droit d'accise pour le GNR à hauteur de 0,0386 euros/l pour le mois d'avril et 0,15 euros/l pour le mois de mai. Le Gouvernement vient d'annoncer la prolongation de ce niveau d'aide pour trois mois supplémentaires, soit jusqu'à fin août. En dehors des dépenses directes de carburant, les entreprises conchylicoles font également face à la hausse du coût du transport routier. Le Gouvernement a d'ores et déjà mis en oeuvre une aide au transport routier (décret du 17 avril 2026) qui doit permettre d'accompagner les transporteurs routiers et ainsi éviter que cette hausse des prix ne soit entièrement supportée par leurs clients. Le Gouvernement est attentif à ce que l'aide apportée aux transporteurs routiers soit correctement répercutée sur le coût des services de transport facturés, notamment aux entreprises conchylicoles. Le Gouvernement assure un suivi quotidien de l'impact économique de la crise sur les filières et entend adapter les outils mis en place à mesure de son évolution.
- page 2766
Page mise à jour le