Question de Mme BESSIN-GUÉRIN Marie-Pierre (Loire-Atlantique - Les Indépendants) publiée le 09/04/2026

Mme Marie-Pierre Bessin-Guérin appelle l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur les fermetures de classes prévues en Loire-Atlantique à la rentrée 2026, et plus particulièrement sur leurs conséquences dans les écoles rurales.

Dans un département où de nombreuses communes rurales constituent déjà des territoires fragiles en matière d'accès aux services publics, la carte scolaire 2026 suscite une inquiétude profonde de la communauté éducative : parents d'élèves, membres de l'éducation nationale et élus locaux. Alors même que la baisse démographique devrait permettre d'améliorer les conditions d'enseignement, en optimisant les formats d'encadrement, en particulier dans les territoires carencés, à faible niveau d'indice de position sociale (IPS), l'administration fait le choix d'une nouvelle contraction stricte des moyens, avec de nombreuses fermetures de classes annoncées dans les écoles maternelles et élémentaires du département.
Cette orientation frappe d'abord les communes rurales, où l'école représente souvent le dernier service public de proximité. À chaque fermeture de classe, c'est non seulement l'équilibre pédagogique de l'établissement qui est fragilisé, mais aussi l'attractivité de la commune, la vie associative, l'installation des familles et, plus largement, la cohésion territoriale. Dans plusieurs secteurs ruraux de Loire-Atlantique, les élus et les équipes enseignantes font état d'un sentiment de déprise, alors même que certaines écoles sont menacées malgré des effectifs réduits ou des situations locales particulières.
Les fermetures de classes en milieu rural ont des conséquences très concrètes : hausse des effectifs par classe, réorganisation forcée des services, difficulté à maintenir les dispositifs d'aide spécialisée, dégradation de l'accueil des plus jeunes enfants et aggravation des inégalités entre territoires. Elles traduisent une logique comptable qui ne tient pas suffisamment compte des réalités du terrain, des contraintes réelles d'éloignement géographique, ou d'isolement social, mais également des dynamiques territoriales constatées et projetées, et du rôle structurant de l'école dans les petites communes et des besoins spécifiques des élèves les plus vulnérables.
Ainsi, face au contexte financier et démographique contraint dans lequel s'inscrit ce projet de carte scolaire, il convient sans doute de maintenir un réel investissement dans l'éducation, en recherchant des solutions agiles, locales et responsables, éloignées des seules lectures et applications comptables.

Aussi, face à la projection du nombre élevé de fermetures de classes en Loire-Atlantique, 86 pour la rentrée 2026, elle l'interroge sur les critères ayant conduit à cette décision et sur les garanties apportées pour que les écoles rurales ne servent pas de simple variable d'ajustement budgétaire.

Elle lui demande si les indices de position sociale, les contraintes d'éloignement et le rôle de l'école comme service public de proximité ont été pleinement intégrés dans l'élaboration de ce projet de carte scolaire.
Elle lui demande de bien vouloir procéder à un réexamen au cas par cas des situations en lien direct avec les élus et les parents d'élèves et un retour sur certaines fermetures de classe. Elle lui demande s'il envisage des mesures concrètes pour préserver durablement les écoles rurales, maintenir les réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) et éviter un effet domino de fermetures dans les communes concernées. Les dynamiques rurales ne se perçoivent pas à l'aune d'une simple année scolaire, mais dans un format pluriannuel, qui exige une approche stratégique partagée, par bassin scolaire, s'appuyant sur des projections objectivées des effectifs, notamment des observatoires des dynamiques territoriales, mais également du développement réel de l'habitat et du logement.

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En attente de réponse du Ministère de l'éducation nationale.

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