Question de Mme FÉRET Corinne (Calvados - SER) publiée le 09/04/2026

Mme Corinne Féret attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la carte scolaire du département du Calvados pour l'année scolaire 2026-2027.

Alors que la France consacre moins de moyens que la moyenne des pays de l'organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à ses élèves de primaire et de collège, que les classes sont surchargées et que les enseignants sont moins bien rémunérés que dans la plupart des pays européens comparables, la mise à mal du service public de l'éducation se poursuit. Ainsi, 3 200 postes d'enseignants devraient être supprimés à la rentrée prochaine.

Dans le Calvados, dans le premier degré, 81 classes pourraient fermer alors que 28 seraient ouvertes, soit un solde très largement négatif nettement plus élevé que les années précédentes. Les collèges publics pourraient, pour leur part, perdre 29 équivalents temps plein (ETP). Aussi, dans les lycées généraux et technologiques, la baisse des moyens se traduirait, entre autres, par des suppressions d'options. Si ces décisions se confirmaient, les conséquences seraient lourdes : augmentation des effectifs par classe, dégradation des conditions d'apprentissage et détérioration des conditions de travail des enseignants. Au lieu d'améliorer l'encadrement et de garantir les heures de cours, ces mesures aggraveraient encore la situation.

En pratique, partout en France, la baisse démographique continue d'être invoquée pour justifier les fermetures de classes et les suppressions de postes, particulièrement dans les zones rurales. Il s'agit d'une logique comptable, froide et méthodique, qui suscite légitimement l'incompréhension des familles ainsi que des élus locaux, des maires au premier chef. Ces derniers pointent, à juste titre, une réelle incohérence : multiplier les dispositifs destinés à soutenir la ruralité tels que le programme "Petites villes de demain" ou les zones de revitalisation rurale (ZRR), tout en contribuant, dans le même temps, à sa dévitalisation.

Dans le Calvados comme ailleurs, les décisions ne peuvent être prises au regard des seuls effectifs, au mépris des réalités locales. Ce faisant, elle lui demande un examen attentif de la situation dans le Calvados de façon à ne pas baisser les moyens dédiés à l'éducation.

- page 1683


En attente de réponse du Ministère de l'éducation nationale.

Page mise à jour le