Question de M. BLANC Grégory (Maine-et-Loire - GEST) publiée le 16/04/2026
M. Grégory Blanc interroge M. le garde des sceaux, ministre de la justice sur les lacunes persistantes en matière de formation des agents pénitentiaires confrontés à des détenus souffrant de troubles psychiatriques.
Les établissements spécialisés, comme celui de Château-Thierry, montrent l'efficacité d'une prise en charge adaptée aux publics vulnérables : un établissement à taille humaine, des conditions de travail de qualité, et un absentéisme exemplaire. La culture institutionnelle est propice à l'amélioration des conditions de chacun. Pourtant, la majorité des agents ne bénéficient pas de formations spécifiques pour gérer les crises ou accompagner les détenus atteints de troubles psychologiques et psychiatriques ; ni à Château-Thierry, ni ailleurs. Cette carence est d'autant plus préoccupante qu'une proportion importante de la population carcérale présenterait des troubles psychiatriques et souffrirait des conditions de détention en établissements non-spécialisés.
Alors que le ministère évoque la duplication de ce type d'établissements, il lui demande de préciser les moyens humains et pédagogiques qui seront mobilisés pour former les agents, tant en nombre qu'en qualité, afin de garantir une prise en charge digne et sécurisée pour tous.
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Réponse du Ministère de la justice publiée le 30/07/2026
Le ministère de la Justice est particulièrement attentif à l'état de santé physique et psychologique des personnes placées sous main de justice (PPSMJ). La sensibilisation et les formations sur la thématique de la santé mentale font partie des actions prioritaires de formation de la direction générale de l'administration pénitentiaire depuis plusieurs années. Conformément à la circulaire de la direction générale de l'administration et de la fonction publique du 23 février 2022 relative aux actions de sensibilisation et de formation au secourisme en santé mentale, l'administration pénitentiaire a renforcé et consolidé cette politique de formation. Celle-ci a pour objectif de contribuer au développement d'une culture de la prévention des situations de détresse psychique et à lutter contre la stigmatisation des troubles psychiques. L'administration pénitentiaire a fait le choix de former les agents au programme australien MHFA (Mental Health First Aid) adapté au contexte français par Premier secours en santé mentale (PSSM) France. Des formations sur la prévention du risque suicidaire en détention sont également dispensées aux personnels pénitentiaires. En 2024, 1 600 personnels ont été formés et 1 559 en 2025. Dans ce cadre, trois nouvelles UHSA seront ouvertes, afin d'accroître les capacités nationales de prise en charge et de mieux répondre aux besoins constatés sur l'ensemble du territoire. Ces ouvertures permettront de réduire les tensions sur les structures existantes, de limiter les délais d'admission et de rapprocher les patients de leur bassin géographique lorsque cela est possible. Ces créations s'inscrivent dans une stratégie plus globale visant à améliorer la prise en charge de la santé mentale en détention, à renforcer la continuité des soins et à mieux protéger les personnels pénitentiaires comme les professionnels de santé confrontés à des situations particulièrement complexes. Le garde des Sceaux, ministre de la Justice, a annoncé, au début de l'année 2026, qu'il souhaitait mettre en place des établissements pénitentiaires dédiés à l'accueil de personnes détenues atteintes de troubles psychiatriques, ou « hôpitaux-prisons ». Il s'agirait désormais de déployer les moyens nécessaires à une meilleure prise en charge de ce public. Une telle démarche s'inscrit à la fois dans le renforcement des dispositifs existants, mais aussi dans le développement de nouveaux outils plus adaptés aux besoins médicaux des PPSMJ. Le projet des « hôpitaux-prisons » viendrait ainsi consolider l'offre pénitentiaire en matière de prise en charge adaptée des personnes détenues. Des formations spécifiques à destination du personnel pénitentiaire seraient mis en place afin d'accompagner les personnes détenues atteintes de troubles pathologiques. Par conséquent, ce dispositif reposerait sur un renforcement de la coopération entre les acteurs sanitaires et pénitentiaires. À ce stade, le projet demeure à l'étude et ses modalités juridiques ne sont pas arrêtées.
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