Question de M. SAURY Hugues (Loiret - Les Républicains) publiée le 23/04/2026
M. Hugues Saury attire l'attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur la prolifération de fourmis invasives et dangereuses sur le territoire national.
Plusieurs espèces envahissantes, comme la fourmi d'Argentine, la fourmi électrique ou encore Tapinoma magnum, sont aujourd'hui présentes dans de nombreuses régions françaises. Ce phénomène connaît une progression ces dernières années, avec l'identification de plusieurs foyers dans différents départements et des cas récemment signalés dans le Loiret, témoignant de son expansion à l'échelle nationale.
Ces fourmis ont la particularité de former des colonies très étendues, difficiles à éliminer, et de s'installer aussi bien en milieu urbain que dans les zones agricoles. Elles causent des nuisances importantes pour les habitants et représentent également une menace pour les cultures, notamment en s'attaquant aux racines ou en favorisant la prolifération de pucerons.
Mentionnée précédemment parmi les espèces présentes dans l'hexagone, la fourmi électrique figure parmi les plus dangereuses et est déjà implantée dans le sud de la France, d'où elle pourrait progresser vers d'autres secteurs géographiques. Ses piqûres, particulièrement douloureuses, peuvent provoquer des réactions allergiques parfois sévères, pouvant aller jusqu'au choc anaphylactique. Au-delà du risque pour l'être humain, ces espèces perturbent également les écosystèmes, avec des impacts sur la faune, certaines populations d'insectes pouvant être localement décimées.
Face à cette situation, les moyens de lutte actuels montrent leurs limites. Les pièges sont souvent peu efficaces et les traitements disponibles sont fortement encadrés par la réglementation européenne. À cet égard, l'exemple de l'Australie est éclairant : faute d'avoir agi suffisamment tôt, ce pays a déjà dû mobiliser plus de 30 millions d'euros pour tenter de contenir ces invasions. Cette situation souligne l'importance d'agir rapidement pour éviter une aggravation du phénomène en France.
Sur le terrain, chercheurs, collectivités et professionnels agricoles alertent également sur le manque de coordination, de moyens financiers et de cadre adapté pour répondre efficacement à cette menace.
Dans ce contexte, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend mettre en oeuvre pour renforcer la surveillance de ces espèces, mieux informer la population sur les risques sanitaires et environnementaux, soutenir le développement de solutions de lutte efficaces, et accompagner les collectivités et les agriculteurs concernés.
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Réponse du Ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature publiée le 25/06/2026
La problématique de la fourmi électrique est bien identifiée au niveau des services de l'Etat. La ministre a participé récemment à un comité de pilotage organisé par le préfet du Var où le sujet de la fourmi électrique figurait à l'ordre du jour. Ce sont désormais trois foyers qui sont présents dans le Var (Toulon, la Croix-Valmer, Cavalaire), démontrant les capacités d'extension de l'espèce. La méthodologie de traitement (utilisation d'appâts avec présence d'une substance active) n'ayant pas donné les résultats escomptés, un nouveau protocole est mis en place via le saupoudrage de molécules actives ayant montré leur efficacité dans d'autres situations analogues (Australie, Etats-Unis) : seront utilisés les produits biocides « Campaign® Ant Bait » et « Antixx ». Ils ont été autorisés par arrêté daté du 25 mars 2026 (https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000053723113/2026-04-23) et pour une période de 180 jours via des protocoles spécifiques figurant en annexes de cet arrêté (protocoles en stations d'appâts et en saupoudrage dans des espaces extérieurs). Il restera à démontrer, par suivi scientifique, l'efficacité de ces méthodes de traitement : en effet, la réussite de ces derniers n'est pas systématique, ni reproductible d'un site à un autre, au regard de leur configuration et du comportement des fourmis. Plus globalement, la gestion de cette espèce relève de la politique de gestion des espèces exotiques envahissantes, pour laquelle une ligne budgétaire de 1,3 millions d'euros a été affectée en 2026. Ce budget permet de financer des opérations de gestion dans l'hexagone et en outre-mer, sur des espèces dont les impacts environnementaux (mais aussi sur les aspects de santé humaine, activités économiques, ) sont avérés. Cinq espèces de fourmis sont désormais classées au niveau de l'Europe comme espèces exotiques envahissantes préoccupantes, et peuvent faire l'objet d'opérations de gestion prioritaires en cas de découverte de foyers. D'autres (genre Tapinoma), dont les nuisances sont effectivement avérées, ne sont pas pour le moment réglementées comme telles.
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