Question de M. HOCHART Joshua (Nord - NI) publiée le 23/04/2026

M. Joshua Hochart attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur une réalité que vivent chaque jour des milliers d'infirmiers et d'infirmières libéraux sur l'ensemble du territoire : celle de professionnels de santé qui parcourent des dizaines, parfois plus d'une centaine de kilomètres pour soigner des patients à domicile, et rentrent le soir avec la certitude que leurs frais de déplacement ne couvrent plus, loin s'en faut, le prix réel de l'essence.
Ces professionnels sont un pilier essentiel de notre système de santé. Ils soignent les personnes âgées qui ne peuvent plus se déplacer, les patients en affection longue durée, les personnes dépendantes qui souhaitent rester chez elles. Dans les territoires ruraux, souvent désertés par les médecins, Ils sont parfois les seules à passer. Leur présence régulière au domicile constitue bien souvent le premier, et le seul lien de soins d'un patient avec le système de santé.
Or, l'indemnité kilométrique que l'assurance maladie leur verse pour compenser ces déplacements est bien en dessous des frais réels. Ce tarif n'a pas évolué depuis le 1er janvier 2020, date de l'entrée en vigueur de l'avenant n° 6 à la convention nationale des infirmiers, il y a désormais plus de six ans. Depuis, le prix du carburant a connu des hausses successives et durables. Résultat : chaque kilomètre parcouru pour aller soigner un patient représente, pour l'infirmière libérale, un appauvrissement progressif que rien ne compense.
Il est vrai que l'avenant n° 10 de juin 2023 a accordé une légère revalorisation de l'indemnité forfaitaire de déplacement .. Mais ce geste, qualifié de « misère » par certains syndicats qui ont refusé de le signer, n'a en rien touché à l'indemnité kilométrique elle-même. Pour les infirmières rurales, qui effectuent parfois plusieurs dizaines de kilomètres entre deux patients, c'est bien cette indemnité kilométrique qui conditionne l'équilibre économique de leur activité.
L'inégalité de traitement avec d'autres professions de santé mérite également d'être soulignée. Pour un déplacement identique au domicile d'un patient, un médecin libéral perçoit presque le double de ce que touche l'infirmière libérale pour le même trajet, avec le même véhicule, au même prix à la pompe. Rien ne justifie objectivement un tel écart.
Les conséquences concrètes de cette situation sont déjà visibles : des infirmières qui réduisent leur zone d'intervention faute de rentabilité, des patients en zone rurale qui peinent à trouver une infirmière acceptant de se déplacer, des vocations qui s'interrogent. Une profession qui souffre déjà d'une revalorisation insuffisante de ses actes inchangée depuis plus de quinze ans pour les actes courants et qui perçoit, dans ce gel des indemnités kilométriques, un signal de mépris supplémentaire de la part des pouvoirs publics.
Il lui demande si le Gouvernement entend ouvrir rapidement des négociations conventionnelles pour revaloriser l'indemnité kilométrique des infirmiers et infirmières libéraux et quelles mesures il compte prendre pour mettre fin à l'inégalité manifeste entre l'indemnité kilométrique des médecins libéraux et celle des infirmiers libéraux

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En attente de réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.

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