Question de M. BROSSAT Ian (Paris - CRCE-K) publiée le 23/04/2026
M. Ian Brossat attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur la situation particulièrement alarmante des personnes LGBTIA+ au Sénégal.
En effet, le président sénégalais a promulgué, lundi 30 mars 2026, une loi réprimant fortement l'homosexualité. Ce texte, adopté à une large majorité par l'Assemblée nationale sénégalaise le 11 mars, intervient dans un contexte marqué par une multiplication d'arrestations pour homosexualité présumée et une vague d'homophobie préoccupante.
La loi durcit considérablement l'arsenal répressif en portant les peines encourues à dix ans d'emprisonnement, contre un à cinq ans auparavant. Elle étend également les incriminations à la promotion et au financement de l'homosexualité, assorties d'amendes pouvant atteindre jusqu'à 10 millions de francs CFA.
Dans un pays où l'homosexualité est largement stigmatisée et présentée comme une déviance, ce durcissement législatif alimente un climat de peur et de violences envers les personnes LGBTIA+ sénégalaises. À cela s'ajoute une désinformation préoccupante, notamment autour du virus de l'immunodéficience humaine (VIH), associant de manière erronée les personnes LGBTIA+ à une transmission volontaire du virus, ce qui renforce encore leur marginalisation et les risques qu'elles encourent.
Face à cette situation, de nombreuses personnes LGBTIA+ se trouvent aujourd'hui exposées à des risques graves, immédiats pour leur sécurité, leur liberté et leur intégrité physique. Elle a suscité une vive mobilisation de la société civile française : plusieurs associations, telles que Stop Homophobie, ainsi que des personnalités engagées, comme Jean-Luc Romero-Michel, ont interpellé le Président de la République par le biais d'une pétition appelant à la mise en place de dispositifs d'accueil d'urgence, notamment par la délivrance de visas humanitaires.
Dans ce contexte, il lui demande si le Gouvernement entend permettre la délivrance de visas humanitaires à ces personnes particulièrement vulnérables, exposées à des persécutions en raison de leur orientation sexuelle. Il l'interroge également sur les initiatives diplomatiques que la France pourrait engager, en lien avec ses partenaires européens, afin de mettre en place des dispositifs d'accueil d'urgence, à la hauteur de la gravité de la situation et conformes aux engagements internationaux de la France en matière de protection des droits humains.
- page 1933
En attente de réponse du Ministère de l'intérieur.
Page mise à jour le