Question de Mme HAVET Nadège (Finistère - RDPI) publiée le 23/04/2026
Mme Nadège Havet attire l'attention de Mme la ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre, et ministre déléguée, chargée de l'énergie auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur l'angle mort que constitue l'hybridation des systèmes énergétiques dans le plan national d'électrification. Ce plan fait de la pompe à chaleur (PAC) « tout électrique » le principal vecteur de décarbonation du chauffage résidentiel, sans prendre en compte les solutions hybrides, ni les risques qu'une approche « tout électrique » pourrait faire peser sur l'équilibre du réseau électrique.
La RE2020 n'autorise plus les chaudières à gaz pour les constructions neuves individuelles depuis 2022 et dans les collectifs depuis 2025. Les industriels du gaz se sont adaptés en développant et proposant des solutions de pompes à chaleur hybrides incluant gaz et électricité. Priver les industriels de cette solution technologique dans le parc résidentiel mettrait en péril une partie de nos entreprises et reléguerait au second plan des années de R&D financées par l'argent public.
La sortie des énergies fossiles pour des raisons climatiques, économiques et sociales est un impératif que la sénatrice soutient pleinement.
Cependant, la demande en électricité connaîtra dans les prochaines années une croissance exponentielle portée notamment par le développement des véhicules électriques et des data centers. Dans ce contexte, les épisodes de froid intense généreront des pointes de consommation difficiles à absorber, la consommation d'énergie étant quatre fois plus élevée en hiver qu'en été. Remplacer massivement les chaudières gaz par des pompes à chaleur tout électrique revient à reporter l'intégralité de la pointe thermique hivernale sur le seul réseau électrique. En 2025 seulement, les data centers représentaient l'équivalent de l'électricité consommée par 9 à 10 agglomérations de plus de 100 000 habitants pendant un an. Le risque d'une rupture de l'approvisionnement électrique dans les foyers français est donc réel. Parallèlement à cela, plusieurs études alertent sur la forte demande électrique : la consommation des data centers progresserait de 74 % d'ici 2050, et les ventes de véhicules électriques de 60 % d'ici 2035. Cela signifie que, à la suite d'un processus d'électrification évalué à plus de 200 milliards d'euros, la France devra produire bien davantage d'électricité pour couvrir ces usages.
Or, la pompe à chaleur hybride, dont l'appoint peut être alimenté par du biométhane fourni localement, apporte une réponse à ce double enjeu : elle limite directement la sollicitation du réseau lors des pics de froid tout en respectant les exigences de réduction des émissions de carbone. La PAC hybride permet de diviser à minima par 3 les émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à une solution 100 % gaz et respecte les valeurs maximales autorisées dans le cadre de la RE2020. De plus, cette solution s'avère bien mieux adaptée aux logements anciens mal isolés, pour lesquels le rendement des pompes à chaleur « tout électrique » se dégrade fortement.
Les collectivités ont soutenu et développé la valorisation de biométhane dans leurs réseaux de gaz pour alimenter les foyers ou les flottes de véhicules, ce qui permet une énergie moins carbonée, une économie circulaire et un mix énergétique efficace.
Elle souhaite donc savoir si cette technologie sera toujours autorisée dans les logements neufs et en rénovation, notamment du parc social, par exemple via le dispositif MaPrimeRénov', afin de soutenir le mix énergétique français et laisser les ménages disposer de plusieurs solutions soutenables adaptées à leurs besoins.
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En attente de réponse du Ministère délégué, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre, et ministère délégué, chargé de l'énergie auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
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