Question de M. MÉRILLOU Serge (Dordogne - SER) publiée le 23/04/2026
M. Serge Mérillou attire l'attention de M. le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat sur les conséquences de la hausse des prix des matériaux pour les entreprises du secteur du bâtiment.
Dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de perturbations des échanges dans le détroit d'Ormuz, les prix des matières premières connaissent une hausse significative. Cette situation pèse directement sur le secteur du bâtiment et des travaux publics, fortement dépendant de ces matériaux, et affecte particulièrement les artisans, notamment dans le département de la Dordogne.
Depuis plusieurs semaines, les prix de nombreux matériaux connaissent des hausses importantes. À titre d'exemple, l'aluminium a augmenté de 7 %, tandis que les peintures et le ciment ont connu une hausse d'environ 10 %. Cette évolution est particulièrement problématique dans la mesure où les artisans ne sont pas toujours en capacité de répercuter ces coûts supplémentaires sur leurs prestations, ce qui entraîne une diminution de leurs marges et fragilise leur activité. En l'absence de dispositifs de soutien adaptés, certaines entreprises se trouvent contraintes de travailler à perte, avec des risques accrus de cessation d'activité ou même de licenciements. Dans une consultation, la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment révèle que 65 % des entreprises de son réseau ont reçu des avis de hausse des tarifs des matériaux de leurs fournisseurs. Certaines hausses sont par ailleurs subies dans un délai extrêmement court : un artisan signale ainsi une hausse de 62 % entre deux commandes espacées de seulement quatre jours. Enfin, la hausse des prix du carburant affecte de manière particulièrement grave la trésorerie de nombreux artisans, qui font part de leur profonde inquiétude.
Dans ce contexte, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend mettre en oeuvre pour accompagner ces entreprises. Il l'interroge notamment sur les outils susceptibles de leur permettre d'anticiper plus efficacement et de rendre plus transparentes les variations de prix. La Fédération française du bâtiment propose notamment la création d'un Observatoire public des prix des matériaux pour mettre en lumière les raisons des hausses comme les comportements de certains acteurs qui augmentent leurs prix sans que cela ne corresponde aux réalités des hausses de coûts subies. Il demande également au Gouvernement la possibilité d'instaurer un délai de prévenance obligatoire imposé aux fournisseurs avant toute augmentation tarifaire, afin de permettre aux entreprises d'ajuster leurs devis en conséquence. Enfin, le Gouvernement a annoncé un nouveau dispositif de soutien à l'électrification du parc automobile prévu pour les « gros rouleurs », notamment les aides à domicile, aides-soignantes, infirmières, artisans, salariés et agents publics, avec 50 000 véhicules électriques subventionnés supplémentaires dès 2026, selon la présentation effectuée. Il souhaiterait connaître les modalités de gestion de ce dispositif et si des quotas vont être prévus pour les différentes professions citées précédemment. Il est essentiel que chacune de ces professions puisse accéder équitablement au dispositif, via des modalités de répartition claires et transparentes, alors que l'enveloppe semble sous-dimensionnée face à l'ampleur des besoins.
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En attente de réponse du Ministère des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat.
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