Question de M. UZENAT Simon (Morbihan - SER) publiée le 23/04/2026
M. Simon Uzenat appelle l'attention de M. le Premier ministre sur les engagements non tenus par l'État qui fragilisent les conditions de formation des étudiants en soins infirmiers.
Alors que le Gouvernement a annoncé, pour 2026, une enveloppe de 215 millions d'euros destinée au financement de 5 500 places d'étudiants en soins infirmiers issues du Ségur de la santé, cette mesure ne couvre à ce stade que la première année de formation, alors même que le cursus s'étend sur trois ans. En l'absence de garantie pluriannuelle de financement de la part de l'État, les régions ne disposent pas de la visibilité nécessaire pour assurer la pérennité des places ouvertes. Cette difficulté est notamment illustrée en Bretagne, contraignant la collectivité régionale à renoncer à inscrire certaines formations sur Parcoursup, faute de sécurisation budgétaire sur l'ensemble du cycle.
Cette fragilité s'inscrit dans un contexte déjà dégradé. En 2025, les restrictions budgétaires de l'État et le désengagement du financement de places issues du Ségur de la santé ont conduit en Bretagne à la fermeture de 261 places de formation d'aides-soignants (AS) et d'accompagnants éducatifs et sociaux (AES), réduisant l'offre de formation face à des besoins pourtant croissants. Dans le même temps, 230 places de formation infirmière sont aujourd'hui menacées pour la rentrée 2026, en raison de la baisse des dotations de l'État, suscitant l'inquiétude des syndicats, des établissements hospitaliers et des étudiants dans un territoire déjà confronté à une pénurie de personnels soignants et à la saturation des terrains de stage.
La loi n° 2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales a transféré aux régions le financement et le fonctionnement des instituts de formation en soins infirmiers (IFSI). Si cette décentralisation n'est pas en cause en elle-même, elle s'est traduite par un désengagement préjudiciable de l'État qui n'assume pas ses responsabilités pour garantir les moyens adéquats aux collectivités impliquées et des conditions d'études équitables et harmonisées entre étudiants infirmiers et étudiants universitaires.
Pour les étudiants infirmiers, ces disparités se traduisent notamment par un accès non systématique aux bourses du centre régional des oeuvres universitaires et scolaires (CROUS) et par le paiement de la contribution vie étudiante et de campus (CVEC), qui s'élevait à 105 euros pour l'année 2025-2026, sans bénéficier pleinement des services associés, tels que la restauration universitaire, les services de santé, les bibliothèques ou la vie associative.
Après avoir été érigés en héros lors de la crise sanitaire, les étudiants infirmiers ne peuvent être les oubliés de l'enseignement supérieur. Il est nécessaire de leur garantir l'accès à une formation qualitative et une reconnaissance digne de leurs compétences. En conséquence, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend rapidement prendre pour respecter les engagements de l'État en matière de co-financement des formations en soins infirmiers et garantir l'égalité de traitement entre les étudiants infirmiers et les autres étudiants universitaires.
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Transmise au Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées
En attente de réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
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