Question de M. LAHELLEC Gérard (Côtes-d'Armor - CRCE-K) publiée le 23/04/2026
M. Gérard Lahellec attire l'attention de M. le ministre du travail et des solidarités sur la situation particulièrement préoccupante des professionnels de l'aide à domicile.
Ces métiers, indispensables au maintien à domicile des personnes âgées, en situation de handicap ou fragiles, connaissent aujourd'hui une dégradation continue de leurs conditions d'exercice. Cette situation est d'autant plus alarmante qu'elle s'inscrit dans un contexte de forte inflation, atteignant en moyenne 13,6 % en 2025, sans compensation salariale à la hauteur.
En effet, dans la branche de l'aide à domicile, la valeur du point demeure gelée à 5,77 euros depuis 2022, malgré plusieurs demandes de revalorisation. Cette stagnation intervient alors même que le salaire minimum de croissance (SMIC) a progressé de 13,7 % sur la même période.
Par ailleurs, l'augmentation du prix du carburant impacte directement l'activité de ces professionnels. Les déplacements constituent une composante essentielle de leur travail, les interventions se déroulant au domicile des bénéficiaires. Lorsque le prix du carburant augmente, ce sont les aides à domicile qui en subissent directement les conséquences.
Plus largement, cette inflation non compensée affecte l'ensemble des dépenses du quotidien : carburant, assurance, stationnement, entretien, logement, énergie, alimentation, complémentaire santé, prévoyance ou encore frais de garde d'enfants.
Face à cette situation, certaines mesures s'imposent et consistent à revaloriser immédiatement la valeur du point à 7,40 euros, à assurer la prise en charge de l'ensemble des trajets et déplacements sur la base des frais réellement engagés, à mettre en place une compensation réelle de la hausse du carburant via une indemnité kilométrique d'au moins 0,55 euro/km, à garantir l'accès à une formation qualifiante et diplômante financée à 100 % et réalisée sur le temps de travail, à assurer une reconnaissance à la hauteur de leur utilité sociale et à permettre l'embauche de personnel qualifié pour répondre aux besoins du secteur.
Dans ce contexte, il lui demande de préciser, dans les meilleurs délais, les mesures concrètes et le calendrier que le Gouvernement entend retenir pour répondre à ces revendications, revaloriser durablement ces métiers essentiels et garantir effectivement la continuité et la qualité du service public de l'aide à domicile sur l'ensemble du territoire.
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Transmise au Ministère délégué auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargé de l'autonomie et des personnes handicapées
Réponse du Ministère délégué auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargé de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 11/06/2026
Le Gouvernement est particulièrement conscient des difficultés que traverse le secteur de l'aide à domicile, en particulier face à la hausse des coûts de carburant, et a apporté récemment plusieurs réponses durables afin d'améliorer l'attractivité des métiers. Les aides à domicile sont indispensables à notre nation, puisqu'elles permettent à des milliers de personnes âgées, en situation de handicap ou de vulnérabilité de continuer à vivre chez elles, partout sur le territoire, notamment dans les zones rurales. En matière de conditions de rémunération, l'avenant 75 de la Branche de l'aide à domicile (BAD) a été agréé le 29 mai 2026 et permet, dès le 1er juin 2026, une augmentation des salaires de l'ensemble des professionnels de la branche de +63 euros mensuels minimum. Cette avancée majeure permet d'apporter davantage de reconnaissance aux aides à domicile, afin de limiter le tassement des grilles salariales. En matière de mobilité, et face à la hausse des coûts de carburant, le Gouvernement a apporté des réponses non seulement conjoncturelles, mais aussi structurelles : - dès 2025, un fonds annuel de 75 millions d'euros a été instauré par le décret n° 2025-817 du 13 août 2025, pris en application de l'article 20 de la loi n° 2024-317 du 8 avril 2024 relative au bien-vieillir et à l'autonomie. Ce dispositif vise à soutenir la mobilité des professionnels de l'aide à domicile, en octroyant un financement spécifique aux conseils départementaux. Il permet aussi le financement de temps d'échange et de partage de bonnes pratiques. Ce fonds sera pérennisé pour les années 2026 et suivantes ; - face à la hausse des coûts de carburant, le Gouvernement a instauré, par le décret n° 2026-333 du 30 avril 2026, une aide destinée aux travailleurs « grands rouleurs » sous condition de ressources, effectuant au moins 15 km par trajet domicile-travail ou 8 000 km par an. Cette aide a été prolongée de 3 mois pour atteindre 100 euros et a vocation à bénéficier aux aides à domicile notamment celles en zone rurale qui parcourent de nombreux kilomètres. - pour l'ensemble des aides à domicile, tous statuts confondus, 15 000 nouveaux véhicules électriques sont sanctuarisés dans le cadre d'un nouveau programme de leasing social attractif, sans apport initial ; - la ministre de la santé a en outre prévu une revalorisation pérenne des indemnités kilométriques de 2 centimes par kilomètre pour les professionnels de la branche associative de l'aide à domicile, qui s'est concrétisée par l'agrément de l'avenant 76 de la branche de l'aide, de l'accompagnement, des services et des soins à domicile le 29 mai 2026. Par l'ensemble de ces dispositifs, le Gouvernement entend apporter des réponses concrètes et pérennes aux difficultés des professionnels de l'aide à domicile, afin d'améliorer leurs conditions de travail et de soutenir un secteur indispensable à l'accompagnement des personnes âgées et en situation de handicap.
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