Question de M. VIAL Cédric (Savoie - Les Républicains-R) publiée le 30/04/2026

M. Cédric Vial appelle l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur la dégradation sans précédent que connaissent aujourd'hui les pépiniéristes viticoles français.

Gardiens discrets mais indispensables du vignoble national, ces professionnels assurent la production des plants de vigne qui permettent à la viticulture française de se renouveler et de durer. Or leur situation est aujourd'hui critique. Fragilisés par la crise viticole structurelle, ils ont subi de surcroît, cet hiver, des conditions météorologiques qui ont entraîné une vague d'annulations de commandes sans équivalent. Sur les trois dernières années, la proportion de plants invendus a oscillé entre 9 et 23 %, soit bien au-delà du seuil économiquement acceptable, fixé à 6 %. Ce sont ainsi 50 millions de plants qui n'ont trouvé preneur, pour une perte de chiffre d'affaires de 80 millions d'euros et une charge globale de 90,5 millions d'euros - près de la moitié du chiffre d'affaires annuel d'avant-crise. Dans le même temps, les coûts de production ont continué leur progression, sans qu'il soit possible de les répercuter sur les prix de vente.

Pour la campagne 2026, les professionnels anticipent au minimum 20 millions de plants invendus supplémentaires - chiffre qui pourrait atteindre 30 % de la production totale si les conditions de plantation restent défavorables. À ce niveau, une très grande majorité des exploitations ne serait pas en mesure de survivre.

Au-delà du drame humain et économique, c'est la souveraineté même de la France qui est en jeu. L'effondrement de la filière conduirait inévitablement à un recours croissant aux importations de plants étrangers, avec les risques sanitaires que cela implique - la Flavescence dorée, dont tous les grands foyers identifiés en France sont aujourd'hui d'origine extracommunautaire, en offre l'illustration la plus saisissante.

Face à l'urgence, la profession demande un soutien exceptionnel de 30 millions d'euros, destiné notamment à financer la destruction indemnisée des plants invendus pour assainir le marché et permettre aux exploitations de traverser la crise. Il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour répondre à cette urgence, préserver les capacités de production de la filière et garantir ainsi la souveraineté nationale en matière d'approvisionnement en plants de vigne.

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En attente de réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire.

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