Question de M. HINGRAY Jean (Vosges - UC) publiée le 30/04/2026
M. Jean Hingray attire l'attention de M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace sur une profonde inégalité territoriale provoquée par la réforme des études de médecine de 2022 introduisant une 4ème année d'internat pour les étudiants en médecine générale, avec un statut de « docteur junior ambulatoire ».
Cette réforme poursuit un objectif légitime de renforcement de la formation. Un docteur junior accède à une autonomie supervisée, prend progressivement des responsabilités, mène des activités cliniques encadrées en bénéficiant d'un statut hospitalo-universitaire. L'intérêt pédagogique de cette phase dite de consolidation est réel et rarement remis en cause, même si l'on peut remarquer que le système souffre encore d'un déficit d'encadrement, notamment en maîtres de stages universitaires (MSU).
Toutefois, dans son application territoriale, il faut hélas constater que la réforme ne permet pas encore d'endiguer la pénurie de médecins conformément à l'objectif souhaité, étant établi que la démographie médicale en France connaît une tension croissante, particulièrement dans les territoires ruraux. Dans certaines zones, notamment dans les Vosges et plus largement dans le Grand Est : la proportion de médecins généralistes âgés de plus de 60 ans dépasse 30 % ; de très massifs départs en retraite sont attendus dans les prochaines années ; une part significative de la population ne dispose plus de médecin traitant.
La réforme repousse d'un an l'installation des médecins généralistes issus de la promotion concernée. À l'échelle nationale, cela pourrait représenter plusieurs milliers d'installations retardées ou parfois même totalement remises en cause bien qu'elles étaient initialement bien enclenchées, dans un contexte de déficit de médecins traitants.
Par ailleurs, l'affectation des docteurs juniors repose sur la présence des MSU qui sont très inégalement répartis. Les zones de plus forte désertification médicale sont souvent celles à plus faible densité de MSU et de structures d'accueil.
Dans la plupart des configurations envisagées, le docteur junior exerce au sein d'un cabinet existant, sous supervision pédagogique. De sorte que l'activité médicale s'inscrit souvent dans la patientèle déjà suivie par le cabinet, selon un schéma proche de celui du stage ambulatoire en soins primaires en autonomie supervisée (SASPAS) entraînant très peu d'effet sur l'accroissement de l'offre de soins.
Il lui demande donc de renforcer la territorialisation du dispositif, en ciblant les zones réellement déficitaires, en accélérant le développement du réseau de maîtres de stages universitaires y compris par l'ajustement des moyens financiers mis à leur disposition et en prévoyant la mise en place d'une année de transition destinée à l'installation progressive des docteurs juniors dans les territoires où ils souhaitent exercer.
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En attente de réponse du Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace.
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