Question de Mme FÉRET Corinne (Calvados - SER) publiée le 30/04/2026

Mme Corinne Féret attire l'attention de M. le ministre du travail et des solidarités sur les menaces qui pèsent sur l'avenir de la formation professionnelle.
Le plan d'investissement dans les compétences (PIC), pilier de la politique publique de formation depuis 2018, a vu ses moyens supprimés lors de l'examen du projet de loi de finances pour 2026. Cette suppression fragilise la sécurisation des parcours, au moment où les besoins en compétences et en qualifications ne cessent de croître.
Dans le prolongement, le volet régional du PIC, mis en oeuvre dans le cadre des conventions conclues entre l'État et les régions (PRIC), devait initialement être réduit de plus de moitié, avec une baisse annoncée de 56 % des financements. Ce faisant, ce sont plus de 60 000 places de formation qui étaient susceptibles d'être supprimées, destinées en priorité à des publics peu qualifiés, aux chômeurs de longue durée, aux allocataires du revenu de solidarité active (RSA) ou encore aux travailleurs handicapés. Face au risque de voir disparaître la formation des publics les plus fragiles ainsi que le maillage territorial des organismes de formation, une baisse des dotations de l'ordre de 35 % a finalement été annoncée. Celle-ci n'est évidemment pas de nature à dissiper les craintes du secteur.
Ces évolutions auront des conséquences concrètes partout en France. Elles concernent notamment les GRETA, groupements d'établissements publics locaux d'enseignement qui proposent des formations continues pour adultes. En Normandie, à cet effet, les trois GRETA (GRETA Rouen Maritime, GRETA Portes Normandes, GRETA Côtes Normandes) et leurs antennes mutualisent leurs ressources, personnels et plateaux techniques pour développer une offre adaptée aux territoires. Récemment, dans le Calvados, des personnels du GRETA situé à Vire Normandie se sont mobilisés, craignant le non-renouvellement de plusieurs contrats à durée déterminée, ainsi que la disparition de certaines formations. Cette mobilisation traduit des inquiétudes légitimes.
La formation professionnelle constitue un levier structurant de l'économie française. Elle permet d'anticiper et d'accompagner les transitions, et conditionne la capacité d'adaptation du pays, la compétitivité des entreprises ainsi que leur aptitude à recruter, à évoluer et à tenir leurs engagements. Elle est également constitutive du pacte social, en sécurisant les parcours professionnels et facilitant les mobilités. Enfin, elle irrigue les territoires, urbains comme ruraux, car partout l'accès à la qualification constitue souvent la première condition pour maintenir de l'activité et de l'emploi.
En conséquence, au regard des menaces qui pèsent sur l'avenir de la formation professionnelle dans le Calvados comme dans l'ensemble du pays, elle lui demande de bien vouloir préciser les intentions du Gouvernement.

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En attente de réponse du Ministère du travail et des solidarités .

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