Question de M. FAGNEN Sébastien (Manche - SER) publiée le 02/04/2026
M. Sébastien Fagnen interroge M. le ministre de l'intérieur sur la recrudescence préoccupante des vols avec violence et des cambriolages visant les boutiques d'opérateurs de téléphonie mobile. Depuis plusieurs années, les distributeurs de téléphones mobiles subissent une hausse sensible des infractions touchant leurs points de vente. En 2024, 92 incidents ont été recensés. Les chiffres de 2025 confirment cette tendance : dans les seules boutiques d'un opérateur comptant environ 500 points de vente, plus de 70 crimes et délits - braquages, cambriolages ou tentatives - ont été rapportés. À l'échelle nationale, toutes enseignes confondues, on dénombre 109 braquages ou tentatives et 147 cambriolages ou tentatives, soit plus de 250 actes criminels en une année. Le préjudice matériel est important. Pour un opérateur, plus de 1 200 terminaux volés non récupérés chaque année depuis 2023 représentent une valeur comprise entre 560 000 euros et 850 000 euros. Un autre opérateur a subi des pertes de près d'un million d'euros en 2024 et de 500 000 euros en 2025. À ces montants s'ajoutent les coûts de remise en état des boutiques - portes, vitrines, mobilier, dispositifs de sécurité - et les dépenses liées au renforcement de la protection des terminaux exposés. Au-delà des pertes financières, les conséquences humaines sont lourdes. Ces attaques provoquent des interruptions d'activité, exposent les salariés à des risques psychosociaux et entraînent souvent la fermeture temporaire des points de vente. Le préjudice principal reste immatériel, touchant directement la sécurité et la santé des collaborateurs. Les opérateurs ont pourtant multiplié les mesures de prévention : formations à la gestion des incivilités et des braquages, accompagnement psychologique, installation d'armoires fortes, de générateurs de fumée, de systèmes de vidéosurveillance et de dispositifs de traçage. Malgré cela, les braquages ont parfois plus que doublé en un an. Si le droit en vigueur prévoit déjà certaines mesures pour limiter la revente des appareils volés, celles-ci apparaissent aujourd'hui insuffisantes. L'article L. 34-3 du code des postes et des communications électroniques impose ainsi aux opérateurs de bloquer l'accès des terminaux volés à leurs réseaux par le biais du blocage du numéro IMEI. Toutefois, ce mécanisme demeure limité au territoire national et n'empêche pas l'utilisation des appareils volés à l'étranger, ce qui alimente des filières de revente internationales. Par ailleurs, les constructeurs de terminaux et les fournisseurs de systèmes d'exploitation disposent déjà de solutions techniques permettant le blocage à distance des appareils. Certaines plateformes permettent par exemple de sécuriser les modèles d'exposition ou d'effectuer un verrouillage matériel mondial des terminaux. Toutefois, ces solutions ne sont pas systématiquement mises à disposition des distributeurs victimes de vols, ou le sont à des conditions financières particulièrement élevées. Une évolution du cadre législatif pourrait permettre de tarir l'intérêt économique de ces vols, en rendant inutilisables les terminaux dérobés. Une telle mesure pourrait consister à imposer aux constructeurs et aux fournisseurs de systèmes d'exploitation de mettre à disposition des distributeurs un dispositif de désactivation automatique et à distance des téléphones issus de stocks vendables déclarés volés, avec une portée internationale. Aussi, il demande si le Gouvernement envisage de faire évoluer le cadre juridique pour permettre la mise en place d'un mécanisme de blocage technique mondial des terminaux volés dans les points de vente. Il lui demande également quelles mesures il entend prendre pour renforcer la protection des distributeurs, de leurs salariés et de leurs clients face à cette forme de criminalité en forte progression.
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