Question de Mme BORCHIO FONTIMP Alexandra (Alpes-Maritimes - Les Républicains) publiée le 16/04/2026
Mme Alexandra Borchio Fontimp attire l'attention de M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace sur l'insuffisance persistante de la dotation de l'État aux universités, et ses conséquences préoccupantes sur l'exercice de leurs missions fondamentales.
L'exemple d'Université Côte d'Azur est, à cet égard, particulièrement éclairant.
Par une motion adoptée le 16 mars 2026, son conseil d'administration a dénoncé les contraintes budgétaires imposées aux universités qui ne leur permettent plus de remplir l'intégralité de leurs missions de service public.
Alors même que ses missions n'ont cessé de croître, la dotation de fonctionnement de cet établissement a diminué en valeur nominale entre 2013 et 2025, et plus encore en euros constants, générant un manque à gagner estimé à plus de 5 millions d'euros par an.
À cela s'ajoutent de nouvelles charges, liées notamment aux revalorisations salariales (malgré la mise en place du compte d'affectation spéciale Pensions) ainsi qu'à la hausse des coûts énergétiques, insuffisamment compensées par l'État, qui représentent plus de 10 millions d'euros supplémentaires chaque année depuis 2022. Sans oublier les besoins croissants liés aux coûts complets de la recherche, incluant les plateformes, les grands équipements et le soutien indispensable aux laboratoires.
Cette situation conduit aujourd'hui l'établissement à puiser depuis deux ans dans son fonds de roulement et à envisager, à défaut de réponse rapide, des mesures particulièrement préoccupantes telles que la réduction de ses formations ou de ses capacités d'accueil à compter de la rentrée universitaire 2027. Des talents sont donc laissés de côté..
Ces difficultés interviennent pourtant dans un contexte où Université Côte d'Azur, labellisée Initiative d'Excellence (IdEx), se distingue par son dynamisme en matière de formation, de recherche et d'innovation en lien notamment avec le développement de son territoire et son rayonnement à l'international. Cette dynamique repose en particulier sur l'engagement de nombreux chercheurs et enseignants-chercheurs fortement investis dans des activités de recherche, dont la contribution doit être pleinement reconnue dans les modèles de financement.
Cette situation prend une dimension préoccupante dès lors que tous les établissements ne disposent pas des mêmes capacités d'absorption : pour nombre d'entre eux, ces déséquilibres sont insoutenables, et mettent directement en cause la continuité de leurs missions. Derrière cette situation, ce sont des formations, des laboratoires, des vocations et des générations entières qui sont concernés, mais aussi la capacité même de nos universités à entraîner leurs écosystèmes d'innovation, en lien étroit avec les acteurs économiques, scientifiques et territoriaux, qui se trouve fragilisée.
Rapporteure des crédits de la mission recherche dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, et membre de la commission d'enquête sur la capacité des universités françaises à garantir l'excellence académique, elle constate et ne cesse d'alerter : cette fragilisation s'aggrave.
Fragiliser l'université c'est fragiliser son territoire, mais aussi la compétitivité et la souveraineté de la France dans un moment où toutes les grandes nations investissent massivement sur l'enseignement supérieur et la recherche.
Jusqu'à quand allons-nous demander aux universités de fonctionner dans ces conditions ? Jusqu'à quand la France est-elle prête à voir s'accentuer la fuite de ses cerveaux, chercheurs et enseignants-chercheurs de renommée internationale, faute de conditions de travail et de financement à la hauteur des standards internationaux ?
Elle lui demande quand le Gouvernement reconnaîtra pleinement l'ensemble des missions assurées par les universités, dans le cadre d'une gestion inscrite dans le temps long, seule à même de garantir la stabilité, la visibilité et l'ambition nécessaires à l'exercice de leurs missions.
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En attente de réponse du Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace.
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