Question de M. FAGNEN Sébastien (Manche - SER) publiée le 23/04/2026
M. Sébastien Fagnen attire l'attention de M. le ministre des transports sur la nécessité pour l'État de préciser ses engagements en matière de financement et de calendrier concernant plusieurs infrastructures de transport structurantes pour le département de la Manche, dans un contexte marqué par une inertie persistante et des attentes particulièrement fortes des acteurs locaux en matière de désenclavement, notamment au regard de l'ampleur des projets industriels à venir - je pense tout particulièrement au projet Aval du futur, au coeur de la stratégie nationale de traitement-recyclage pour les combustibles du parc électronucléaire actuel et futur.
Concernant tout d'abord la RN 13, axe vital pour la sécurité des usagers, la continuité territoriale et le développement économique du Cotentin, les avancées récemment annoncées en matière de sécurisation, d'acquisitions foncières et d'études environnementales doivent être saluées. Néanmoins, l'absence de visibilité budgétaire dans les derniers projets de loi de finances suscite de vives inquiétudes, alors même que cet itinéraire constitue un levier indispensable de désenclavement du nord du département. Au regard de l'ampleur des projets industriels en cours et à venir, la mise aux normes de cet axe structurant apparaît indispensable afin de garantir des conditions de circulation adaptées aux flux attendus. Il apparaît impératif que l'État prenne toute sa part dans le financement d'un projet dont la dimension dépasse largement les seuls enjeux locaux.
Par ailleurs, la ligne Paris-Granville revêt un caractère tout aussi stratégique en matière de désenclavement du sud-Manche. Sa gestion exclusivement régionale ne permet plus de répondre aux enjeux croissants de modernisation, de régénération et d'attractivité. Dans un contexte d'intensification des activités industrielles et logistiques, la mise à niveau de cette ligne est indispensable pour accompagner les besoins de mobilité des salariés comme le transport de marchandises. Sa réintégration au sein du réseau structurant national apparaît dès lors comme une condition nécessaire pour garantir un financement à la hauteur des exigences et contribuer pleinement au désenclavement ferroviaire du territoire.
S'agissant enfin de la Ligne Nouvelle Paris-Normandie, les avancées récentes en matière de gouvernance et de dialogue territorial ne suffisent pas et les incertitudes persistantes relatives à son financement interrogent quant à la capacité du projet à répondre pleinement aux enjeux de désenclavement et d'accompagnement des dynamiques industrielles.
Dans un département qui concentre des activités industrielles, énergétiques et de défense essentielles à la souveraineté nationale, l'enclavement constitue un frein majeur à son développement et à son attractivité, d'autant plus marqué au regard des perspectives industrielles à venir. Aussi, il lui demande de bien vouloir préciser les priorités budgétaires et le calendrier opérationnel que le Gouvernement entend retenir pour ces infrastructures, ainsi que les mesures envisagées pour garantir leur mise à niveau, afin d'assurer un désenclavement effectif, durable et en adéquation avec les ambitions industrielles du territoire.
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En attente de réponse du Ministère des transports.
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