Question de Mme GRÉAUME Michelle (Nord - CRCE-K) publiée le 07/05/2026
Question posée en séance publique le 06/05/2026
M. le président. La parole est à Mme Michelle Gréaume, pour le groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste - Kanaky.
Mme Michelle Gréaume. La commission d'enquête sur l'audiovisuel public est devenue une tribune pour l'extrême droite, marquée par des excès et un spectacle désolant, au détriment du service public.
Pendant ce temps, la concentration des médias et de la culture se poursuit. Des milliardaires prennent le contrôle de chaînes, de radios et de journaux. CNews, Europe 1 et C8 diffusent depuis des années de fausses informations et des obsessions xénophobes, tandis que le Rassemblement national revendique la privatisation de l'audiovisuel public. (M. Stéphane Ravier s'exclame.) C'est non pas une dérive, mais le fonctionnement assumé du capitalisme, où celui qui possède impose et manipule.
Les éditions Grasset montrent que les travailleurs de l'information subissent l'emprise de Vincent Bolloré. Partout, c'est la même logique : contrôler les outils de production et les consciences. En conséquence, le débat public se dégrade et le racisme se banalise, notamment sur CNews.
L'audiovisuel public constitue un espace de résistance face à cette hégémonie capitaliste extrémisée, prolongée par les plateformes et les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft).
Madame la ministre, continuerez-vous de livrer l'information, la culture et les esprits à la prédation du capital ou garantirez-vous enfin un audiovisuel public fort, capable de résister aux puissances d'argent et à l'extrême droite ? (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE-K ainsi que sur des travées des groupes SER et GEST.)
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Réponse du Ministère délégué, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre, et ministère délégué, chargé de l'énergie auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique publiée le 07/05/2026
Réponse apportée en séance publique le 06/05/2026
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement.
Mme Maud Bregeon, ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement, et ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l'énergie. Madame la sénatrice, j'ai déjà exposé, lors de la question précédente, la ligne qui était celle du Gouvernement. Celle-ci, me semble-t-il, est de nature à vous rassurer.
À l'heure où une partie de l'extrême droite, ou de ses alliés, a tenté de préparer les esprits à une destruction méthodique de l'audiovisuel public - tel est précisément l'objet du rapport évoqué -, notamment en termes budgétaires, la position du Gouvernement s'est révélée claire, et la mienne constante : nous avons besoin d'un audiovisuel public fort et nous le défendrons. Cela n'exclut pas une réflexion sur l'organisation actuelle. Il faudra probablement remettre en question certains tenants et aboutissants. Il y aura certainement beaucoup à faire.
Je souhaite, à cet égard, saluer le travail accompli au sein de la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public. Si certaines auditions-spectacles ont fait le buzz, elles ne sauraient occulter les 200 heures de travaux conduits par les parlementaires. Je tiens à rendre hommage au président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, pour la qualité de son engagement.
Pour sa part, le Gouvernement a maintenu une parole constante. Le Premier ministre s'est exprimé sur ce sujet et nous poursuivrons notre action dans ce sens. (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à Mme Michelle Gréaume, pour la réplique.
Mme Michelle Gréaume. Madame la ministre, votre gouvernement a fragilisé l'audiovisuel public par la suppression de la redevance, des projets de restructuration et des incertitudes budgétaires.
France Inter et France Télévisions sont fortement appréciés des Français. Ce succès traduit une exigence populaire de pluralisme, d'indépendance et de qualité.
Le rapport propose des mesures dangereuses : 1 milliard d'euros de coupes, dont un tiers du budget sport, alors que les Français aiment les grands événements qui font rayonner notre pays. Diluer France 24 dans un ensemble, alors qu'elle porte notre voix dans le monde en pleine crise géopolitique, est une erreur. Cerise sur le gâteau, l'Élysée nommerait les dirigeants, le service public perdrait son indépendance.
Le service public de l'audiovisuel incarne la fraternité : l'améliorer, nous y sommes prêts ; le démanteler, jamais. Madame la ministre, protégez-le ! (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE-K ainsi que sur des travées des groupes SER et GEST.)
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