Question de M. BLANC Étienne (Rhône - Les Républicains) publiée le 07/05/2026

Question posée en séance publique le 06/05/2026

M. le président. La parole est à M. Étienne Blanc, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

M. Étienne Blanc. Monsieur le ministre des affaires étrangères, les négociations et les échanges entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie se poursuivent pour mettre un terme au conflit né de la guerre du Haut-Karabakh.

Cependant, alors que ces échanges sont en cours, la communauté internationale apprend que l'Azerbaïdjan procède à des destructions importantes d'un patrimoine culturel et cultuel ancestral dans cette région, notamment des cathédrales, des églises, des cimetières et divers bâtiments.

Parallèlement, la communauté internationale observe que les dix-neuf Arméniens du Haut-Karabakh, aujourd'hui détenus à Bakou, ont été condamnés à des peines extrêmement lourdes après avoir subi un procès, parce qu'ils étaient des responsables politiques ou des parlementaires. Ils sont toujours détenus et leur libération tarde ; en tout cas, aucune perspective ne se dessine à court ou à moyen terme.

Ma question est assez simple, monsieur le ministre : quelle est la ligne diplomatique de la France ? Quelle stratégie notre pays adopte-t-il aujourd'hui pour protéger ce patrimoine reconnu par l'Unesco comme un bien majeur de l'humanité et un patrimoine particulièrement sensible ? Que font le Gouvernement et la France pour protéger ce patrimoine multiséculaire ?

Enfin, quels efforts déployez-vous afin que soient libérés ces prisonniers, détenus dans des conditions extrêmement difficiles, voire inhumaines, selon les informations disponibles, dont les familles, tout comme l'ensemble de l'Arménie, attendent la libération ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains ainsi que sur des travées du groupe UC. - MM. Michel Masset et Akli Mellouli applaudissent également.)

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Réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères publiée le 07/05/2026

Réponse apportée en séance publique le 06/05/2026

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères.

M. Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères. Monsieur le sénateur Étienne Blanc, permettez-moi tout d'abord de saluer votre engagement à la fois au sein du groupe international d'études consacré au Haut-Karabakh, mais également, puisque vous évoquez la question du patrimoine chrétien, au sein du groupe de liaison des chrétiens d'Orient du Sénat.

La France demeure fortement mobilisée pour la défense des chrétiens d'Orient, chaque fois que leur liberté de culte ou leur patrimoine se trouvent menacés.

Pour ce qui concerne le Haut-Karabakh, je rappelle que, dès 2020, le Président de la République a appelé à un cessez-le-feu patrimonial ou mémoriel. La France a soutenu dès le départ la mission d'observation de l'Unesco, dont l'activation reste bloquée depuis 2020, et suit attentivement la procédure engagée devant la Cour internationale de justice.

Plus récemment, face aux signalements concordants qui font état de la disparition et de la dégradation des sites du patrimoine chrétien - l'église Saint-Jean-Baptiste de Chouchi, la cathédrale Sainte-Mère-de-Dieu, parmi d'autres -, nous avons constaté que plus de quarante-quatre sites seraient concernés depuis 2021. Nous avons soutenu l'Oeuvre d'Orient qui, avec l'International alliance for the protection of heritage (Aliph), dont nous fêtons les dix ans cette année, a lancé un premier effort de recensement du patrimoine chrétien et arménien au Haut-Karabakh.

Puisque vous m'interrogez sur l'Arménie, je voudrais m'arrêter quelques instants sur la visite du Président de la République sur place ces deux derniers jours, qui a été particulièrement remarquable. Souvenons-nous qu'il y a huit ans, l'Arménie était sous l'emprise de la Russie. Avec la révolution douce qui a été menée par Nikol Pachinian, la corruption a été endiguée, de nouvelles alliances ont été créées et un pas vers l'Europe a été franchi.

Ces deux derniers jours, la Communauté politique européenne s'est réunie sur place. Pour la première fois s'est également tenu un sommet entre l'Union européenne et l'Arménie. Par ailleurs, de nouvelles coopérations ont été engagées entre la France et l'Arménie, dans le prolongement des accords conclus sur place à l'hiver 2024 par le Premier ministre, alors ministre des armées, en matière de défense. Il s'agit d'un pas gigantesque de l'Arménie vers l'Europe, dont nous nous félicitons. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. - Mme Évelyne Perrot applaudit également.)

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