Question de M. PELLEVAT Cyril (Haute-Savoie - Les Indépendants) publiée le 14/05/2026
Question posée en séance publique le 13/05/2026
M. le président. La parole est à M. Cyril Pellevat, pour le groupe Les Indépendants - République et Territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP.)
M. Cyril Pellevat. Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, à la demande des sénateurs du Nord de mon groupe, Marie-Claude Lermytte et Dany Wattebled, je souhaite en préalable adresser notre soutien à Steve Bansch, maire de Waziers, victime le 8 mai d'une agression intolérable, ainsi que, plus globalement, à l'ensemble des élus victimes de violences verbales et physiques.
Ma question, à laquelle je souhaite associer ma collègue Corinne Bourcier, s'adresse à Mme la ministre de la santé.
Depuis quelques jours, l'hantavirus inquiète nos concitoyens. À l'origine, plusieurs cas ont été déclarés à bord d'un bateau de croisière, et trois personnes sont décédées. Vingt-deux cas contacts et un cas confirmé ont été identifiés en France. La Française contaminée et actuellement hospitalisée en réanimation serait dans un état très critique.
Il s'agit d'un virus rare, transmis normalement par des rongeurs infectés, mais il semble que la souche concernée puisse se transmettre directement entre individus, dans certains cas que nous ne connaissons pas encore bien.
Madame la ministre, vous avez indiqué hier qu'il n'existait pas de circulation diffuse du virus en France. Mais il est évidemment difficile pour nos concitoyens de ne pas repenser à la pandémie de covid-19. Les Français ne veulent être ni alarmés ni rassurés à tort. Ils attendent de la transparence et de l'anticipation.
Lors de la conférence de presse du 12 mai, vous avez rappelé les actions déjà mises en place, notamment la surveillance médicale renforcée des Français rapatriés et celle des cas contacts.
Il apparaît surtout évident qu'une coopération européenne et internationale est indispensable. Tel est précisément l'objectif du Premier ministre, qui a appelé à une coordination entre les ministres français et européens.
Madame la ministre, l'inquiétude des Français vise moins la capacité de la France à mettre en oeuvre les mesures adaptées que celle de l'ensemble des pays à se coordonner efficacement.
Pouvez-vous aujourd'hui rassurer les Français sur l'efficacité de la coordination internationale dans l'effort pour « briser la chaîne de transmission » ? (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP ainsi que sur des travées du groupe RDPI.)
Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 14/05/2026
Réponse apportée en séance publique le 13/05/2026
M. le président. La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées. Monsieur le sénateur Pellevat, je vous remercie de cette question. Je sais que je vais être interrogée à plusieurs reprises sur le sujet au cours de cette séance de questions d'actualité au Gouvernement ; j'aurai donc l'occasion de répondre en détail.
Vous avez centré votre question sur la coordination internationale. Avec M. le Premier ministre, nous avons fait le choix d'une stratégie très protectrice. Nous sommes en effet au début de la présence du virus : il faut donc briser la chaîne de transmission dès maintenant.
Nous avons ainsi pris des mesures de protection : toutes les personnes qui auraient été en contact avec le virus sont actuellement hospitalisées et font l'objet de batteries de tests, qu'ils soient cliniques ou biologiques.
Par rapport à la période du covid-19, nous avons avancé. L'alerte de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a été plus précoce. Les échanges d'informations ont été très rapides, ce qui a permis au ministère de la santé et au Gouvernement de se mettre en ordre de marche pour protéger nos concitoyens.
L'OMS fait des points réguliers quotidiens, avec des volets nationaux ; ainsi les échanges d'informations peuvent-ils se faire. Il existe également une coordination européenne, pilotée par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies.
Au-delà, nous souhaitons que la France « exporte » son dispositif très protecteur et qu'elle parvienne à convaincre tous les pays, notamment nos voisins les plus proches, d'adopter de telles mesures, qui sont peut-être des mesures « de précaution », mais qui sont à tout le moins de nature - je le crois - à briser la chaîne de transmission.
J'ai organisé à cette fin une réunion avec mes homologues de nombreux pays, notamment, mais pas seulement, ceux dont des ressortissants se trouvaient à bord du bateau, afin d'échanger sur les pratiques de chacun et de porter la voix de la France, comme je continuerai de le faire dimanche lors de l'Assemblée mondiale de la santé. (Applaudissements sur des travées des groupes RDPI et INDEP.)
M. le président. La parole est à M. Cyril Pellevat, pour la réplique.
M. Cyril Pellevat. Madame la ministre, vous avez raison de souligner que la France a plutôt été à l'avant-garde en la matière.
Vous avez à juste titre évoqué la coordination européenne, mais il est clair que la coopération doit s'étendre aux autres pays - c'est particulièrement important.
Nous serons à vos côtés en tant que de besoin. Je vous remercie pour les éléments que vous venez de nous communiquer. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP. - M. Stéphane Demilly applaudit également.)
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