Question de M. CABANEL Henri (Hérault - RDSE) publiée le 14/05/2026
Question posée en séance publique le 13/05/2026
M. le président. La parole est à M. Henri Cabanel, pour le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE.)
M. Henri Cabanel. Madame la ministre de la santé, je souhaite tout d'abord vous remercier pour la conférence de presse que vous avez tenue hier.
Cette initiative de transparence a permis de remettre la science au coeur de l'événement. Pour les Français, c'est primordial.
Médecins et chercheurs ont expliqué avec sincérité ce qu'ils savent et ce qu'ils ne savent pas. Ils ont aussi souligné combien la recherche va nous éclairer dans les jours prochains.
Une telle méthode est nécessaire face aux peurs, aux délires complotistes et aux fausses informations qui se déploient déjà sur les réseaux sociaux.
Il a été indiqué hier que le protocole espagnol avait été validé par l'OMS. Quel est ce protocole ? À partir de quand a-t-il été appliqué ?
Vous avez également insisté sur l'importance de la coopération internationale. On peut être choqué par ce qui a été expliqué hier : l'absence de traitement efficace et de vaccin est liée au fait que ce virus ne touchait que peu de personnes, dans des endroits reculés. Il y a là de quoi s'interroger sur l'éthique humanitaire, qui pèse moins lourd que l'impératif de rentabilité et l'obligation d'une coopération.
Il a été signalé une recrudescence des cas en Argentine depuis le début de l'année. Est-ce vrai ? Le cas échéant, que font les autorités ?
Quelle est la stratégie d'anticipation et de gestion de crise appliquée en France, mais aussi au niveau mondial ? Vous avez expliqué qu'en France les cas contacts étaient mis en quarantaine, mais les procédures sont-elles uniformisées ?
Par exemple, les médecins ont indiqué hier que les gestes barrières - masque et distanciation sociale - sont primordiaux. Mais dans quels cas ? Et à partir de quand ?
Enfin, une information spécifique est-elle prévue à destination des maires ? Lors de la crise de la covid-19, les maires étaient désemparés et en première ligne dans leur commune. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE ainsi que sur des travées du groupe RDPI.)
Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 14/05/2026
Réponse apportée en séance publique le 13/05/2026
M. le président. La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées. Monsieur le sénateur Cabanel, je vous remercie de votre question.
L'hantavirus dont il est question - la souche des Andes - est connu depuis les années 1990 pour être présent dans les zones rurales d'Amérique latine - ce détail est important pour la suite de mon propos.
Ce virus se caractérise par une transmission interhumaine.
Nous disposons d'études scientifiques rigoureuses à ce sujet. L'une d'entre elles, publiée dans le New England Journal of Medicine, documente des cas survenus lors d'une fête d'anniversaire dans une zone rurale d'Amérique du Sud. Les chercheurs y mettent en évidence une transmission circonscrite aux contacts très rapprochés : l'infection a touché ceux des convives qui étaient assis autour de la même table, mais non ceux qui ont dansé au cours de la soirée. Voilà pourquoi nous disons jusqu'à présent, suivant en cela la position des scientifiques, que ce virus entraîne une contagion limitée aux cas très rapprochés.
Cette même étude aborde la question du taux de mortalité. L'infection peut provoquer la mort des suites de complications cardio-pulmonaires, notamment d'oedèmes du poumon. Le taux de mortalité rapporté s'élève à 32 %, ce qui est évidemment élevé. Je rappelle toutefois que ces données proviennent d'une zone rurale d'Amérique du Sud, où l'accès aux soins n'est pas le même que chez nous. Nous verrons ce que diront les scientifiques quant à l'évolution de ce taux selon les circonstances.
Dès le début de l'alerte, nous avons pris des dispositions pour isoler les cas contacts, qu'il s'agisse ou non de contacts rapprochés. La France est l'un des pays qui a pris les mesures les plus fortes, les plus protectrices. Nous avons en effet hospitalisé les cinq ressortissants français qui se trouvaient sur le bateau, les huit personnes présentes dans le premier avion qu'a emprunté la personne décédée, ainsi que les quatorze personnes qui ont partagé son second vol jusqu'à Amsterdam.
M. le président. La parole est à M. Henri Cabanel, pour la réplique.
M. Henri Cabanel. Madame la ministre, j'aurais aimé que vous nous précisiez quelles sont les mesures envisagées à l'égard des maires, dans l'éventualité où l'épidémie progresserait. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE ainsi que sur des travées du groupe RDPI.)
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