Question de M. KHALIFÉ Khalifé (Moselle - Les Républicains-A) publiée le 14/05/2026

Question posée en séance publique le 13/05/2026

M. le président. La parole est à M. Khalifé Khalifé, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

M. Khalifé Khalifé. Ma question s'adresse à Mme la ministre de la santé.

Madame la ministre, nous sommes confrontés aujourd'hui à un foyer d'infection par hantavirus déclaré à bord d'un navire, cinq de nos compatriotes étant concernés. Ils ont été rapatriés et hospitalisés dans les centres de référence de l'hôpital Bichat, à Paris.

Nous leur souhaitons un prompt rétablissement et saluons la qualité du travail accompli par les professionnels de cet établissement, ainsi que par ceux qui ont accueilli les vingt-deux cas contacts identifiés et hospitalisés dans des services spécialisés sur le territoire national.

Nous saluons également, madame la ministre, la réactivité avec laquelle vous avez conduit, sous l'autorité du Premier ministre, la gestion de cette crise, ainsi que la transparence et la rigueur dont vous avez fait preuve lors de votre conférence de presse d'hier comme lors de votre audition à l'Assemblée nationale ce matin.

Le virus en cause a été identifié il y a cinquante ans et fait l'objet de travaux scientifiques de haut niveau à l'Institut Pasteur à Paris. S'il comporte trente-huit souches, c'est la souche des Andes qui est aujourd'hui incriminée ; elle fait actuellement l'objet d'un séquençage visant à détecter d'éventuelles mutations.

Ce virus, connu depuis 1975, était jusqu'à présent à l'origine de contaminations focalisées en Asie et en Amérique du Sud, bien que quelques cas sporadiques aient été observés en France. Sa période d'incubation est relativement longue, mais la phase symptomatique est caractérisée par une évolution très rapide, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 40 %.

D'où mes deux questions : faut-il prendre plus de précautions et imposer d'emblée la généralisation des gestes barrières durant cette période d'incertitude ? Les Français le comprendraient bien, et je suis convaincu de l'intérêt de sensibiliser et de prévenir sans affoler.

Ou bien préférez-vous attendre le résultat du séquençage du virus ? Dans cette seconde hypothèse, quelles adaptations concrètes apporteriez-vous à votre stratégie ? (Des sénateurs frappent leur pupitre pour signaler que l'orateur a dépassé son temps de parole.)

M. le président. Il faut conclure !

M. Khalifé Khalifé. Enfin, alors que des millions de Français s'apprêtent à préparer leurs vacances, parfois dans des zones à risque, quelles recommandations concrètes le Gouvernement compte-t-il leur adresser avant l'été ?


Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 14/05/2026

Réponse apportée en séance publique le 13/05/2026

M. le président. La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées. Monsieur le sénateur Khalifé, comme vous l'avez rappelé, ce virus est déjà connu, même si les connaissances scientifiques sont par définition évolutives.

À ce jour, tous les cas contacts, à haut risque comme à moyen risque - les scientifiques expliquent que les risques encourus par les passagers du second vol, où la patiente dont il est question n'est finalement pas restée, sont moindres que pour les passagers du navire -, sont hospitalisés sur notre sol dans des établissements de référence. Ils sont pris en charge par des professionnels de santé spécialisés dans ces maladies, afin d'éviter que le virus ne se diffuse.

Tous les contacts potentiels sont donc isolés et nous n'avons aucune raison de prendre des mesures supplémentaires. Les décisions que le Premier ministre et moi-même prenons s'appuient depuis le début de l'alerte sur l'expertise des scientifiques. Je le répète : il n'y a pas aujourd'hui de circulation du virus au sein de la population générale.

Tout l'enjeu de l'action coordonnée mise en place entre Santé publique France, les experts, les directions de la santé, le centre de crise et les agences régionales de santé est de briser la chaîne de transmission. Les vingt-deux passagers des avions et les cinq passagers du bateau sont à l'isolement : il n'y a donc pas lieu de proposer d'autres mesures de protection pour la population générale.

Votre autre question concerne l'éventuelle mutation de ce virus, que nous connaissons, puisqu'il s'agit bel et bien de la souche des Andes. Néanmoins, nous ignorons encore - nous devrions le savoir dans les jours qui viennent - si la séquence génétique étudiée est strictement et intégralement identique à la souche des Andes. Si les premiers résultats ne révèlent aucune mutation, il convient d'attendre l'analyse de 100 % de la séquence pour conclure avec certitude à l'absence de toute évolution génétique : alors nous serons tranquilles. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)

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