Question de M. SZPINER Francis (Paris - Les Républicains) publiée le 14/05/2026

Question posée en séance publique le 13/05/2026

M. le président. La parole est à M. Francis Szpiner, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

M. Francis Szpiner. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'intérieur.

Le mois de mai a été plutôt maussade : un terrain militaire a été envahi, des exactions ont été commises, des armes ont été saisies et des personnes ont été interpellées. Dans le même temps, à Paris, à l'occasion de la demi-finale de Ligue des champions entre le Paris Saint-Germain et le Bayern Munich...

M. Yannick Jadot. Ah, enfin un sujet ! (Sourires.)

M. Francis Szpiner. Je vais me mettre à votre niveau, monsieur Jadot.

M. Stéphane Piednoir. Ça va être facile !

M. le président. Laissez votre collègue s'exprimer, s'il vous plaît !

M. Francis Szpiner. De très nombreuses personnes ont donc été interpellées.

Ma question est très simple : alors que des pillages et des agressions ont eu lieu, alors que des policiers ont été blessés, pouvez-vous nous communiquer le bilan judiciaire de ces deux événements ? Je souhaite savoir combien de personnes ont été condamnées, et à quelles peines. (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)


Réponse du Ministère de l'intérieur publiée le 14/05/2026

Réponse apportée en séance publique le 13/05/2026

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'intérieur.

M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur Francis Szpiner, vous évoquez un mois de mai maussade. Il est vrai qu'il y a eu cette rave-party organisée dans le sympathique département du Cher ; il y a également eu la demi-finale de la Ligue des champions : l'après-match a donné lieu à des festivités dans les rues de la capitale,...

Mme Christine Lavarde. De l'autre côté du périphérique aussi !

M. Laurent Nunez, ministre. ... qu'un certain nombre d'individus ont essayé de faire dégénérer. Je vous sens un peu sarcastique, monsieur Szpiner, mais je vais peut-être vous surprendre : ce soir-là, dans les rues de la capitale, l'ordre public a été parfaitement géré - j'y insiste, parfaitement géré !

Face à des individus qui cherchaient à créer des troubles, à piller des commerces, à s'en prendre à des véhicules ou aux forces de sécurité intérieure, ces dernières sont intervenues systématiquement et ont évité des pillages, tout simplement.

À la vue de ces images, certains commentateurs ont parlé de chaos. Non : ce qu'on voit sur ces images, ce sont des fonctionnaires de police et des militaires de la gendarmerie qui, sous l'autorité du préfet de police et de ses directeurs, font tout simplement leur travail.

Ce soir-là, ce travail a été très bien fait ; je tiens à le réaffirmer devant le Sénat de manière extrêmement solennelle. (Applaudissements sur des travées des groupes RDPI, RDSE et UC.)

Nous avons procédé à 127 interpellations le soir de la demi-finale ; 92 individus ont été placés en garde à vue, 29 d'entre eux ayant été déférés devant la justice.

Ne comptez pas sur moi, monsieur le sénateur, pour émettre la moindre critique à l'égard de la justice. Pour avoir été préfet de police, je sais que les faits peuvent être difficiles à caractériser : nos forces de sécurité peinent parfois à établir la participation d'individus à un groupement en vue de commettre des infractions - vous le savez très bien en tant qu'avocat. C'est ce qui explique souvent le décalage observé entre le nombre d'interpellations, le nombre de gardes à vue et le nombre de personnes qui sont déférées.

Cela signifie-t-il la moindre mollesse dans l'intervention des forces de sécurité intérieure ? (M. Jean-François Husson ironise.) Certainement pas. Je peux d'ores et déjà vous dire que le préfet de police - qui a toute ma confiance - travaille en ce moment à la préparation de la finale de la Ligue des champions et à la gestion des festivités qui ne manqueront pas de se dérouler le 30 mai. (« Ce n'est pas la question ! » sur des travées du groupe Les Républicains.) De nouveau, les forces de police seront en action dans les rues de la capitale...

Mme Christine Lavarde. Et au-delà, j'espère !

M. Laurent Nunez, ministre. ... et, comme d'habitude, elles empêcheront les exactions et les dégradations. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées du groupe RDSE. - M. Vincent Capo-Canellas applaudit également.)

M. le président. La parole est à M. Francis Szpiner, pour la réplique.

M. Francis Szpiner. Ce ne sont pas les policiers qui ont fauté : ce sont les voyous qui s'en prennent à eux, s'attaquent aux commerces et se livrent à des pillages. Je ne mets pas en cause l'action des forces de l'ordre ; mon groupe l'a toujours soutenue.

La question qui se pose est celle du sentiment d'impunité. Que risquent ceux qui participent à ces manifestations, à ces pillages et à ces agressions de policiers ?

M. Jean-François Husson. Rien !

M. Francis Szpiner. Voilà une vraie question, car l'autorité de l'État se mesure à sa capacité à mettre ces individus hors d'état de nuire.

Or le bilan que vous présentez s'avère assez consternant. Vous annoncez 127 interpellations pour à peine une trentaine de condamnations : ce ratio n'est guère rassurant.

La question est donc de savoir si le ministère de l'intérieur, en liaison avec le ministère de la justice, examinera le fonctionnement de la chaîne pénale. L'enjeu est non seulement de maintenir l'ordre et de faire cesser ces exactions ; il est de faire en sorte que les auteurs soient condamnés et punis. C'est à cette condition que nous éviterons le développement d'un sentiment d'impunité qui est le premier encouragement au chaos. (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

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