Question de M. HINGRAY Jean (Vosges - UC) publiée le 07/05/2026

M. Jean Hingray attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la réelle attrition des métiers du soin en milieu rural conduisant à des ajustements, des privations ou des fermetures pouvant attenter à la dignité des personnes.
De très nombreux territoires ruraux sont profondément touchés par la pénurie de personnels soignants. Quelle que soit leur famille politique d'appartenance, les élus locaux sont très mobilisés pour apporter des réponses locales de médecine publique en créant eux-mêmes notamment des structures de santé pluridisciplinaires ou pas.
Cette réponse positive en termes d'accès aux soins ne doit cependant pas masquer l'impuissance de ces mêmes élus quand les autorités administratives en viennent à annoncer la suspension d'un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) public de proximité non pas pour des raisons financières mais par le constat d'un manque de personnel comme c'est le cas à l'EHPAD de Martigny les bains.
Cette décision est très lourde de conséquences pour les résidents, pour leurs familles et pour les professionnels concernés.
Souvent très âgés, généralement dépendants, les résidents en quittant leur domicile ont fait le choix très difficile de rompre définitivement avec le style de vie qui était le leur et de moins peser sur leur famille. Au fil du temps, ils se sont habitués, familiarisés avec ce nouvel environnement, y ont trouvé leurs repères, ont créé des liens de confiance avec l'ensemble de leurs accompagnants.
Du jour au lendemain, ils sont condamnés au déracinement, précipités dans l'incertitude, voire dans l'errance, les établissements voisins étant eux-mêmes saturés.
Il lui demande donc quelles mesures concrètes le Gouvernement compte mettre en oeuvre pour que les métiers du soin en milieu rural fassent l'objet d'un soutien programmé en formation, en accompagnement de formateurs de façon à mettre un terme à des ajustements brutaux conduisant à la fermeture d'EHPAD ou de structures publiques et à maintenir les personnes âgées dépendantes concernées dans un accompagnement médical et humain répondant à leur dignité.

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Transmise au Ministère délégué auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargé de l'autonomie et des personnes handicapées


Réponse du Ministère délégué auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargé de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 27/08/2026

Conscient des difficultés que rencontre le secteur de l'hébergement pour personnes âgées dépendantes, le Gouvernement s'est doté d'une stratégie globale visant à mobiliser l'ensemble des leviers permettant de renforcer ce secteur et d'améliorer la prise en charge des personnes âgées. S'agissant des rémunérations des professionnels, l'État, en partenariat avec les conseils départementaux, a permis aux professionnels du secteur de bénéficier de revalorisations à hauteur de 4 milliards d'euros. Cette mesure a bénéficié à près de 700 000 salariés, dont environ 500 000 au titre des dispositifs issus du Ségur de la santé et de la mission Laforcade, avec une revalorisation mensuelle nette de 183 euros. À la suite de la conférence des métiers sociaux du 18 février 2022, ces revalorisations ont été étendues à 200 000 professionnels de la filière socio-éducative. Par ailleurs, afin d'atteindre l'objectif de 50 000 recrutements supplémentaires en Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) d'ici 2030, le Gouvernement prévoit chaque année, dans les lois de financement de la sécurité sociale, la création de postes additionnels : pour 2026, cet effort se poursuit avec le financement de 4 500 équivalents temps plein supplémentaires. L'enjeu de l'attractivité des métiers de l'humain ne se limite toutefois pas à ces seules revalorisations. Le Gouvernement déploie à cet effet de nombreux dispositifs : - formation : le nombre de places de formation pour les infirmiers, les aides-soignants et les accompagnants éducatifs et sociaux a été augmenté (plus de 13 500 places supplémentaires ouvertes entre 2020 et 2025). Des mesures ont également été prises pour développer l'apprentissage dans le secteur médico-social et sanitaire et y attirer davantage de jeunes, notamment en levant certains freins juridiques (suppression du quota limitant les places en apprentissage, travaux sur l'apprentissage dans la fonction publique hospitalière) et en apportant des incitations financières spécifiques (aide exceptionnelle pour réduire le coût du salaire des apprentis) ; - recrutement : l'expérimentation des plateformes des métiers de l'autonomie, menée par la caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, laissera place au déploiement de « Team Autonomie » par France Travail à partir de 2027, dans l'ensemble des départements. Ces « Team Autonomie » offriront une intermédiation territorialisée aux demandeurs d'emploi, permettant aux employeurs de répondre durablement à leurs besoins de recrutement ; - Qualité de vie au travail (QVT) : le Gouvernement a mis en oeuvre la première stratégie nationale d'amélioration de la QVT, initiée en 2018, en renforçant les crédits alloués aux agences régionales de santé et en soutenant des actions innovantes. Pour rendre ces métiers plus sûrs et moins pénibles, la branche des accidents du travail et des maladies professionnelles de l'assurance maladie mène également des actions spécifiques de lutte contre la sinistralité, en s'appuyant sur le réseau des caisses d'assurance retraite et de la santé au travail. Enfin, pour améliorer l'image et la connaissance des métiers du grand âge, le Gouvernement a lancé en novembre 2024 la campagne « Prendre soin », plateforme digitale et programme national de recrutement destinés à promouvoir les métiers du soin et de l'accompagnement auprès des jeunes, des demandeurs d'emploi et des professionnels en reconversion. Dans le cas de l'EHPAD de Martigny-les-Bains, dans les Vosges, l'activité a finalement pu être maintenue pendant l'été : grâce à l'implication coordonnée des élus et des services de l'État, des renforts infirmiers ont pu être recrutés. Ces avancées permettent aujourd'hui de poursuivre l'accueil des résidents dans des conditions de sécurité et de qualité de soins et d'accompagnement.

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