Question de Mme GARNIER Laurence (Loire-Atlantique - Les Républicains) publiée le 21/05/2026
Question posée en séance publique le 20/05/2026
M. le président. La parole est à Mme Laurence Garnier, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Mme Laurence Garnier. Monsieur le ministre de l'intérieur, jeudi dernier, à Nantes, un adolescent a été tué à cause du narcotrafic. C'est la vingt-sixième fusillade de l'année dans notre ville.
Face à ces drames, chacun doit prendre ses responsabilités. Les consommateurs, d'abord : on ne rappellera jamais assez que chaque joint a le goût du sang.
Les collectivités, ensuite. À Nantes, l'alliance de la maire avec La France insoumise envoie un message terrible,... (Protestations sur les travées des groupes SER et GEST.)
M. Rachid Temal. Et à Nice ?
Mme Laurence Garnier.... alors que le député nantais de ce parti, toujours en fonction, a été condamné pour consommation de stupéfiants.
Mme Colombe Brossel. On parle de la mort d'un enfant !
Mme Laurence Garnier. Mes chers collègues, on ne peut pas pleurer les conséquences d'une situation et en chérir les causes ! (Bravo ! et applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.)
L'État doit également prendre ses responsabilités. Nous avons besoin, à Nantes, d'une politique publique très forte pour faire face au narcotrafic. (M. Guy Benarroche s'exclame.)
Monsieur le ministre, vous avez annoncé vendredi dernier le déploiement du plan destiné à renforcer la filière investigation, qui avait été préparé par Bruno Retailleau l'année dernière. (Exclamations ironiques sur les travées des groupes SER et GEST.) Il est grand temps de le mettre en oeuvre.
Bruno Retailleau avait également affecté une compagnie de CRS supplémentaire sur notre territoire. Sur ce point aussi, monsieur le ministre, nous avons besoin d'un renforcement des effectifs des forces de l'ordre aujourd'hui.
Quand les renforts en investigation arriveront-ils sur le territoire nantais ? Combien de policiers supplémentaires comptez-vous affecter à notre territoire pour renforcer l'action de leurs collègues, dont je salue l'engagement total ? (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains, ainsi que sur des travées des groupes INDEP et UC. - M. Christopher Szczurek applaudit également.)
- page 3718
Réponse du Ministère de l'intérieur publiée le 21/05/2026
Réponse apportée en séance publique le 20/05/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'intérieur.
M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur. Madame la sénatrice, vous connaissez mon parcours de haut fonctionnaire, de secrétaire d'État et aujourd'hui de ministre de l'intérieur. Je puis témoigner qu'il y a une véritable continuité de l'action de l'État en ce qui concerne la lutte contre le narcotrafic. Chaque ministre de l'intérieur a apporté sa pierre à l'édifice. Depuis 2015, les façons de lutter contre les trafics ont profondément évolué. Chacun y a contribué. Je tiens d'ailleurs à saluer de nouveau l'adoption par le Sénat de la loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic, qui a constitué un jalon important. J'y insiste, il y a une continuité.
La revalorisation de la filière d'investigation judiciaire a été engagée par M. Gérald Darmanin, puis poursuivie par M. Bruno Retailleau, avant que je ne la fasse aboutir.
Il me semblait important de rappeler la continuité de l'État sur ce sujet, par-delà les considérations politiques. J'essaie modestement de l'incarner. (Applaudissements sur des travées des groupes SER, RDPI et RDSE.)
Mme Marie-Arlette Carlotti. Bravo !
M. Laurent Nunez, ministre. Pour répondre très précisément à votre question, madame la sénatrice, j'ai effectivement annoncé le déploiement à Nantes de six policiers supplémentaires, dans le cadre du plan de renforcement de la filière d'investigation judiciaire. Plus généralement, sur l'ensemble du territoire national, 700 emplois seront créés : 300 pour lutter contre le trafic de stupéfiants, tandis que 400 seront affectés notamment au traitement judiciaire des violences intrafamiliales, afin de rattraper notre retard en la matière. Ces postes ont été ouverts et ils seront pourvus tout au long de l'année.
Par ailleurs, huit effectifs nous permettront de créer une brigade de recherche et d'intervention (BRI) à Rennes, afin de soulager celle de Nantes, qui pourra ainsi se concentrer uniquement sur cette agglomération, ce qui est extrêmement important.
En outre, comme Bruno Retailleau, je me suis engagé à déployer une compagnie de CRS à Nantes en permanence. C'est ce qui a été fait, y compris le soir du match de football entre Nantes et Toulouse : alors qu'un certain nombre de forces mobiles ont été mobilisées au stade de Nantes, nous avons maintenu cette unité de CRS dans les quartiers de Nantes, notamment dans celui de Port-Boyer, où avait eu lieu le dramatique incident que vous avez évoqué.
Ainsi, en conclusion, six emplois seront créés à Nantes et huit à Rennes pour la BRI, tandis que la présence de la compagnie de CRS est maintenue sur place, dans le cadre du plan national de sécurisation renforcée (PNSR), pour assurer la sécurisation du territoire. (Applaudissements sur des travées des groupes RDPI et RDSE.)
- page 3718
Page mise à jour le