Question de Mme NOËL Sylviane (Haute-Savoie - Les Républicains) publiée le 07/05/2026

Mme Sylviane Noël attire l'attention de M. le ministre des transports sur l'aggravation préoccupante des phénomènes d'éboulements en zone de montagne et leurs conséquences croissantes pour les populations, les infrastructures et l'économie locale, en particulier en Haute-Savoie.

Dans ce département de montagne, la situation de la commune de Nancy-sur-Cluses en constitue une illustration particulièrement parlante.
À la suite d'éboulements à répétition, la route départementale desservant la commune est fermée pour une durée estimée à plusieurs années, avec une réouverture annoncée à l'horizon 2027. Cette situation difficile impose aux habitants et aux actifs, des détours quotidiens allongeant les temps de trajets d'environ vingt minutes, générant une hausse significative des coûts de déplacements et une dégradation tangible des conditions de travail et de vie au quotidien.
Cette situation fragilise également sérieusement l'activité économique locale et accentue, chaque jour davantage, les risques d'isolement territorial. Par ailleurs, la sécurisation de cet axe représente un coût particulièrement élevé pour les finances publiques, estimé à près de 7 millions d'euros.

Malheureusement, le cas de cette commune de montagne est loin d'être isolé. Comme l'a rappelé le président du conseil départemental de la Haute-Savoie, près de 100 kilomètres de routes départementales en Haute-Savoie sont aujourd'hui identifiés comme exposés à des risques avérés de glissements de terrain, de chutes de blocs de pierres ou d'effondrements. Des phénomènes qui tendent à s'intensifier sous l'effet conjugué du dérèglement climatique, des cycles de gel et de dégel qui fragilisent les sols, ainsi que du dépérissement forestier lié aux attaques de scolytes, entraînant des chutes d'arbres susceptibles de provoquer des éboulements.

Au-delà de leur coût économique croissant, ces événements constituent désormais un risque humain majeur. Les récents éboulements survenus sur la route descendant de Chamonix-Mont-Blanc au Fayet, ayant causés des pertes humaines à la fin de l'année 2025, en sont une tragique illustration. Plus que jamais, ces drames soulignent l'urgence d'une action publique renforcée face à des aléas naturels dont la fréquence et l'intensité semblent s'accroître.

Dans ce contexte, les départements, qui sont en première ligne pour l'entretien et la sécurisation du réseau routier, se trouvent confrontés à une équation de plus en plus difficile : faire face à une multiplication des risques, à des coûts d'intervention exponentiels et à des attentes légitimes de sécurité, sans toujours disposer des moyens financiers à la hauteur de ces enjeux.

Face à cette situation, qui menace à la fois la sécurité des usagers, l'attractivité des territoires de montagne et leur vitalité économique, elle demande au Gouvernement de bien vouloir lui préciser les mesures qu'il entend mettre en oeuvre pour soutenir les collectivités territoriales dans la prévention et la gestion de ces risques, pour renforcer les moyens dédiés à la sécurisation des infrastructures routières et pour éviter que ces événements ne conduisent, à terme, à un isolement durable de certains territoires dont les conséquences humaines et économiques sont particulièrement graves.

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En attente de réponse du Ministère des transports.

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