Question de Mme DUMAS Catherine (Paris - Les Républicains) publiée le 07/05/2026

Mme Catherine Dumas attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur la prolifération préoccupante des « fatbikes » dans les grandes agglomérations, et en particulier à Paris, ainsi que sur les insuffisances du cadre réglementaire actuel pour encadrer leur usage.

Elle rappelle que les « fatbikes », vélos à assistance électrique dotés de pneus extra-larges et d'un cadre renforcé, connaissent un essor rapide dans l'espace urbain.

Elle met en évidence le fait que ces engins, initialement conçus pour des terrains spécifiques, sont aujourd'hui massivement utilisés en ville, souvent de manière détournée. En effet, ils peuvent être facilement débridés pour atteindre des vitesses largement supérieures aux 25 km/h autorisés par la réglementation, certains modèles pouvant atteindre jusqu'à 50 km/h, ce qui les rapproche davantage de cyclomoteurs que de vélos classiques.

Elle souligne que cette situation engendre de nombreux conflits d'usage sur la voie publique, notamment avec les piétons et les cyclistes, et contribue à un climat d'insécurité croissant.

Elle observe qu'à Paris, les verbalisations pour vitesse excessive illustrent cette dérive : 526 infractions ont été relevées en 2025, contre près de 1 600 dès le premier trimestre 2026, traduisant une forte accélération du phénomène.

Elle précise que, selon les professionnels du secteur, 96 % des « fatbikes » vendus en France ne seraient pas conformes à la réglementation en vigueur, notamment en matière de puissance moteur et de limitation de vitesse.

Elle déplore que, malgré un renforcement des contrôles par les forces de l'ordre, les moyens actuels apparaissent insuffisants pour lutter efficacement contre ces pratiques. Le caractère aisément réversible du débridage complique en effet le travail des agents et limite la portée des contrôles.

Elle ajoute que les collectivités locales, à l'instar de la Ville de Paris, se heurtent à des limites juridiques qui restreignent leur capacité d'action, notamment en matière d'homologation des véhicules ou de mise en oeuvre de sanctions plus dissuasives.

Elle note que certaines collectivités, comme Bordeaux, ont mis en place des mesures plus coercitives, incluant la saisie des engins en cas d'infraction, afin de garantir une meilleure sécurité dans l'espace public.

Elle relève également que plusieurs pistes sont évoquées, telles que le renforcement des contrôles à l'importation, la régulation des ventes en ligne ou encore la modulation des aides publiques à l'achat en fonction de la conformité des véhicules, mais que ces mesures soulèvent des difficultés juridiques et nécessitent une intervention de l'État.

Dans ce contexte, elle lui demande dans quelle mesure le Gouvernement entend renforcer la lutte contre les usages illégaux et dangereux des « fatbikes », en étroite coordination avec la préfecture de police de Paris, et quelles évolutions législatives ou réglementaires il envisage afin de mieux encadrer la commercialisation, l'homologation et l'usage de ces engins sur la voie publique, dans un objectif de sécurité pour l'ensemble des usagers.

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En attente de réponse du Ministère de l'intérieur.

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