Question de M. ROJOUAN Bruno (Allier - Les Républicains-R) publiée le 14/05/2026
M. Bruno Rojouan attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur l'avenir de la filière automobile française et des industries métallurgiques qui lui sont associées.
La transition vers une mobilité décarbonée constitue un objectif partagé. Les engagements européens en matière de réduction des émissions de CO2, fixés à horizon 2030 et 2035, s'inscrivent dans cette ambition. Les ajustements récemment apportés, notamment avec un objectif de réduction de 90 % des émissions pour les véhicules neufs en 2035 et l'introduction de mécanismes de compensation, traduisent d'ailleurs les difficultés rencontrées pour concilier impératif écologique et réalité industrielle.
Pour autant, malgré ces adaptations, la trajectoire retenue demeure particulièrement contraignante pour une filière automobile complexe, structurée autour d'un tissu dense de sous-traitants. Le rythme et les modalités de cette transition laissent encore trop peu de temps à l'ensemble d'une chaîne industrielle déjà fragilisée pour s'adapter.
Cette situation affecte en premier lieu les industries métallurgiques et, plus particulièrement, les fonderies, qui constituent un maillon essentiel de la chaîne de production automobile. Ces entreprises se trouvent aujourd'hui dans une situation critique, prises en étau entre une dégradation de leur situation financière, liée notamment à la transformation des débouchés industriels, et la nécessité d'engager des investissements lourds pour répondre aux exigences de décarbonation de leurs procédés de production.
À cet égard, la situation de la fonderie de Sept-Fons, dans le département de l'Allier, illustre concrètement ces difficultés. Ce site industriel, porteur d'un savoir-faire reconnu, doit faire face à des défis considérables pour adapter ses outils de production, dans un contexte financier de forte pression sur les coûts, en particulier énergétiques.
Dans le même temps, les industriels européens doivent composer avec une concurrence internationale accrue, notamment de la part de pays dont les normes sociales et environnementales sont moins exigeantes, ce qui accentue les risques de désindustrialisation et de perte de souveraineté.
Dans ces conditions, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend mettre en oeuvre pour adapter le calendrier et les modalités de la transition engagée, afin de tenir compte des réalités industrielles, et pour accompagner concrètement les fonderies et l'ensemble de la filière automobile dans cette transformation, en leur donnant les moyens financiers et techniques nécessaires pour réussir une transition progressive, soutenable et compatible avec le maintien de l'emploi et de l'activité industrielle sur nos territoires.
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Transmise au Ministère délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie
En attente de réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie.
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