Question de Mme BRIANTE GUILLEMONT Sophie (Français établis hors de France - RDSE) publiée le 14/05/2026
Mme Sophie Briante Guillemont attire l'attention de Mme la ministre de la culture sur la suppression, pour l'année 2026, du dispositif d'aide à la diffusion de la presse française à l'étranger.
Cette décision, annoncée sans préavis, suscite une vive inquiétude chez l'ensemble des éditeurs concernés, en particulier ceux de la presse d'information politique et générale, déjà fragilisés par un contexte économique particulièrement dégradé. Ce dispositif constituait en effet, depuis de nombreuses années, un levier essentiel d'équilibre économique, permettant de soutenir la diffusion des titres français dans plusieurs zones francophones où les coûts logistiques et de distribution demeurent élevés.
Son interruption brutale, alors même que cette aide avait été intégrée dans les plans d'affaires pour l'exercice 2026, crée une situation d'instabilité et d'incertitude majeures pour les entreprises de presse. Elle se traduit déjà par des pertes financières significatives pour certains groupes et pourrait, à court terme, conduire à la remise en cause, voire à l'arrêt, de la diffusion de titres français dans plusieurs régions du monde.
En outre, cette suppression soulève des enjeux stratégiques de premier plan. La diffusion de la presse française à l'étranger participe pleinement au rayonnement culturel, linguistique et intellectuel de la France. Elle contribue à la vitalité de la francophonie, à la circulation des idées et à l'accès à une information pluraliste et indépendante dans des zones d'importance majeure, notamment en Afrique, au Maghreb et au Proche-Orient. Elle constitue aussi un vecteur essentiel d'accès à l'information pour les Français établis hors de France, qui peuvent ainsi maintenir un lien direct avec le débat public national et la vie démocratique du pays.
Dans ce contexte, cette décision apparaît en décalage avec les positions exprimées par le ministère de l'Europe et des affaires étrangères, qui rappelait encore, à l'occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse du 3 mai 2026, l'attachement de la France à la défense de la liberté d'informer, au pluralisme des médias et à la lutte contre la désinformation à l'échelle internationale. Alors même que la France affirme mobiliser la communauté internationale pour garantir un espace informationnel libre, intègre et pluraliste, la réduction des moyens permettant concrètement la diffusion de ses propres médias à l'étranger apparaît de nature à fragiliser la cohérence de cette action.
Dans un contexte international marqué par une intensification des tensions géopolitiques et par la montée des phénomènes de désinformation, la réduction de cette présence éditoriale française affaiblit un vecteur essentiel d'influence et de diffusion des valeurs démocratiques.
Par ailleurs, cette décision intervient dans un environnement déjà fortement contraint pour le secteur de la presse, marqué notamment par la réduction des crédits du fonds stratégique pour le développement de la presse et par l'augmentation significative des tarifs postaux. L'accumulation de ces mesures fragilise durablement les modèles économiques des éditeurs et accentue les difficultés structurelles auxquelles ils sont confrontés.
Dans ces conditions, elle lui demande de préciser les motivations ayant conduit à la suppression de ce dispositif d'aide, d'indiquer si le Gouvernement entend reconsidérer cette décision au regard de ses conséquences économiques et stratégiques, notamment au regard des engagements internationaux de la France en matière de liberté de la presse et de l'accès à l'information des Français établis hors de France, et de détailler, le cas échéant, les mesures alternatives ou dispositifs d'urgence susceptibles d'être mis en oeuvre afin de garantir la poursuite de la diffusion de la presse française à l'étranger et de préserver le rayonnement de la francophonie.
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En attente de réponse du Ministère de la culture.
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