Question de Mme LERMYTTE Marie-Claude (Nord - Les Indépendants) publiée le 14/05/2026
Mme Marie-Claude Lermytte appelle l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur la situation extrêmement préoccupante que rencontrent actuellement les betteraviers français.
Depuis le début du mois d'avril 2026, des conditions climatiques exceptionnellement chaudes ont favorisé une prolifération massive et précoce de pucerons verts dans les parcelles de betteraves sucrières. Ces insectes sont les vecteurs de la jaunisse virale, une maladie pouvant entraîner jusqu'à 70 % de pertes de rendement. Cette situation ravive de vives inquiétudes dans la filière, encore profondément marquée par la crise de 2020, qui avait provoqué une chute de près de 30 % de la production nationale.
Cette nouvelle menace intervient dans un contexte économique déjà fortement dégradé, marqué notamment par une hausse significative des coûts de production, en particulier ceux de l'énergie et des intrants agricoles. Par ailleurs, les producteurs se trouvent confrontés à une impasse technique : contraints de multiplier les traitements en végétation sur des cultures très jeunes, ils dénoncent l'absence d'alternatives efficaces et durables pour lutter contre ces ravageurs.
Or, certaines solutions phytosanitaires, telles que le flupyradifurone en enrobage de semences ou l'acétamipride en traitement foliaire, sont autorisées au niveau européen et utilisées dans plusieurs États membres, mais demeurent interdites ou strictement encadrées en France. Cette situation crée une distorsion de concurrence préjudiciable aux agriculteurs français.
Dans ce contexte, et au regard notamment des conclusions du rapport de l'institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAe) d'octobre 2025 soulignant l'absence d'alternatives pleinement efficaces en cas de forte pression parasitaire, elle souhaite savoir quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour soutenir la filière betteravière française. Elle lui demande en particulier s'il envisage une évolution du cadre réglementaire national afin de permettre l'accès à des moyens de lutte homologués au niveau européen, tout en garantissant un haut niveau de protection sanitaire et environnementale.Enfin, elle l'interroge sur les actions d'accompagnement prévues à court terme pour faire face à cette situation d'urgence et préserver la souveraineté sucrière française.
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En attente de réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire.
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