Question de Mme MARTIN Pauline (Loiret - Les Républicains) publiée le 14/05/2026

Mme Pauline Martin attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur les vives interrogations que suscite la stratégie nationale « Esport 2026-2030 », validée par Matignon le 8 avril 2026 à l'issue d'une concertation interministérielle, telle que révélée par la cellule investigation de Radio France.
Parmi les mesures prioritaires évoquées, un volet scolaire substantiel interroge : création de partenariats entre établissements scolaires et acteurs privés du secteur du jeu vidéo, inscription de l'esport dans les parcours éducatifs, lancement d'un programme national « Esport et Éducation » visant à sensibiliser les jeunes aux débouchés professionnels de l'industrie, et développement d'outils pédagogiques à destination des enseignants.
Cette orientation appelle une sérieuse mise en question au regard de la cohérence des politiques publiques. D'un côté, le législateur a adopté des mesures visant à éloigner les jeunes des écrans. De l'autre, la stratégie « Esport 2026-2030 » ouvre les portes de l'école à la pratique compétitive du jeu vidéo, dans le cadre d'expérimentations pilotées et financées par l'industrie privée du secteur.
Cette incohérence est d'autant plus frappante que les arbitrages de Matignon auraient été arrêtés lors d'une réunion à laquelle ni le ministère de la santé ni la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) n'étaient représentés, bien qu'ils fassent partie intégrante de la « task force interministérielle esport ». Ces deux instances se seraient pourtant clairement opposées à l'intégration de l'esport à l'école, invoquant les risques avantagés liés à la sédentarité, aux troubles du sommeil et au potentiel addictif de certains jeux vidéo.
Les professionnels de santé comme les éducateurs s'interrogent sur le sens d'une politique qui ferait de l'école un vecteur de promotion d'une industrie dont les modèles économiques reposent notamment sur la rétention des utilisateurs, y compris les plus jeunes, alors même que seulement 42 % des établissements respectent aujourd'hui les trente minutes d'activité physique quotidienne obligatoires.
Elle souhaite ainsi savoir comment le Gouvernement entend concilier l'intégration de l'esport dans les parcours scolaires avec les politiques publiques de prévention des risques liés à la surexposition des jeunes aux écrans et aux jeux vidéo ; quelles garanties seront apportées pour que les partenariats prévus entre établissements scolaires et acteurs privés du jeu vidéo ne conduisent pas à une exposition accrue des élèves à des jeux dont le potentiel d'usage problématique est scientifiquement documenté ; si le Gouvernement entend soumettre ce volet scolaire de la stratégie « Esport 2026-2030 » à une évaluation indépendante et transparente, associant les autorités sanitaires, avant toute généralisation.

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En attente de réponse du Ministère de l'éducation nationale.

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