Question de Mme BONNEFOY Nicole (Charente - SER) publiée le 21/05/2026

Mme Nicole Bonnefoy attire l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice sur la situation particulièrement préoccupante de la maison d'arrêt d'Angoulême, confrontée à une surpopulation carcérale inédite et à une dégradation inquiétante des conditions de détention comme des conditions de travail des personnels pénitentiaires.

En effet, actuellement, la maison d'arrêt d'Angoulême accueille 313 personnes détenues pour une capacité totale de 236 places. Le quartier des hommes héberge 277 détenus pour 199 places, soit un taux d'occupation de près de 140 %, avec plus de 70 matelas installés à même le sol. Le quartier des femmes accueille quant à lui 15 détenues pour 11 places, conduisant également à l'installation de matelas au sol. Le quartier des mineurs compte 8 jeunes détenus pour 9 places, tandis que le quartier de semi-liberté héberge 13 personnes pour 17 places.

Certaines cellules prévues pour quatre personnes hébergent jusqu'à sept détenus dans des conditions de promiscuité particulièrement alarmantes, avec un accès limité à l'intimité, à l'hygiène et à des conditions de vie dignes.
Cette situation locale illustre plus largement la crise structurelle que traverse l'administration pénitentiaire française, régulièrement dénoncée par de nombreuses institutions nationales et européennes, parmi lesquelles la Cour européenne des droits de l'homme et le Défenseur des droits. Malgré les alertes répétées et les constats établis depuis plusieurs années, la surpopulation carcérale continue de s'aggraver dans de nombreux établissements.

Cette promiscuité et la tension permanente qu'elle génère ont également des conséquences directes sur les personnels pénitentiaires, confrontés à une multiplication des violences, des agressions et à une dégradation continue de leurs conditions de travail. Les organisations syndicales alertent sur l'épuisement des agents, la hausse des arrêts maladie et le sentiment d'abandon ressenti par des personnels qui assurent pourtant, dans des conditions extrêmement difficiles, des missions essentielles de sécurité, de prévention des violences, de lutte contre le suicide et de réinsertion.

Le chef d'établissement de la maison d'arrêt d'Angoulême estime qu'une dizaine d'agents supplémentaires seraient nécessaires afin de garantir un fonctionnement « viable » du service pénitentiaire.

Aussi, elle lui demande quelles mesures urgentes le Gouvernement entend mettre en oeuvre afin de réduire durablement la surpopulation carcérale à la maison d'arrêt d'Angoulême, renforcer les effectifs pénitentiaires et garantir des conditions de détention conformes aux exigences de dignité humaine ainsi qu'à la sécurité des personnels et des personnes détenues.

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En attente de réponse du Ministère de la justice .

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