Question de Mme ROSSIGNOL Laurence (Val-de-Marne - SER) publiée le 21/05/2026
Mme Laurence Rossignol attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées au sujet de la faible représentation dans le débat public d'une maladie touchant près de 2,4 millions de Français : le psoriasis. Reconnu par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une maladie douloureuse, invalidante et devant être appréhendée par les États comme priorité sanitaire mondiale, le psoriasis présente des formes variées et plus ou moins graves et handicapantes. Dans environ 20 % des cas, une atteinte articulaire associée entraîne de fortes douleurs, voire des déformations liées à des destructions articulaires irréversibles. Par ailleurs, cette maladie s'accompagne de différentes comorbidités, en particulier les maladies cardio-vasculaires, le diabète, l'obésité, la maladie de Crohn... Les effets délétères de cette maladie sur la qualité de vie doivent faire l'objet d'une prise de conscience collective. Si cette pathologie est en soi contraignante, son invisibilisation entretient une stigmatisation à l'égard des personnes concernées. Une étude récente démontre que 6 patients sur 10 ont déjà ressenti des comportements discriminants à leur encontre, tant sur le plan social que professionnel. Cette pathologie agit comme un miroir des fractures sociales : elle met en exergue les mécanismes d'exclusion existants en affectant de manière disproportionnée les femmes, les catégories socioprofessionnelles précaires et la jeunesse. Il est avéré que le psoriasis affecte sévèrement l'estime de soi et la trajectoire socioprofessionnelle. Le constat est alarmant : 30 à 40 % de personnes atteintes de formes sévères souffriraient de dépression. Pourtant, l'accompagnement médico-social des patients demeure fragile. Bien que le traitement médical soit couvert par la sécurité sociale, de nombreuses approches complémentaires, telles qu'un accompagnement psychothérapeutique ou les cures thermales facilitant l'acceptation de la maladie, ne sont pas prises en charge. Ce contexte décourage incontestablement de nombreux patients à suivre un parcours de soin satisfaisant. Face à ce constat, plongeant une part significative des personnes concernées dans des situations de détresse, elle souhaite savoir quelles mesures sont envisagées par le Gouvernement sur cet enjeu de santé publique, notamment si une campagne de sensibilisation est prévue et si des mesures complémentaires d'accompagnement sont programmées.
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En attente de réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
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