Question de Mme MARGATÉ Marianne (Seine-et-Marne - CRCE-K) publiée le 21/05/2026

Mme Marianne Margaté attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la situation alarmante de l'unité de traitement de la douleur (UTD) du site hospitalier de Nemours (Seine-et-Marne) et qui est répertoriée par la filière santé maladie rares FILNEMUS, parmi les 30 centres de compétence en maladies rares du Nord-Est Île-de-France (CCMR NEIDF).
Le collectif des patients de cette unité exprime par pétition, signée déjà par plus de 800 personnes, une vive inquiétude quant à la pérennité des activités d'hôpital de jour (HDJ) et d'hôpital de semaine (HDS). Suite au départ à la retraite du chef de service historique et expert reconnu, l'absence de recrutement pour assurer sa succession menace directement la continuité des soins. Pourtant, des candidatures qualifiées ont été proposées par le chef de service lui-même depuis 2022 à la direction, sans qu'aucune suite concrète ne semble y avoir été donnée à ce jour.
Cette situation locale entre en contradiction flagrante avec les conclusions du récent rapport d'information sénatorial n° 848 (juillet 2025) sur les dangers des opioïdes et la prise en charge de la douleur. En effet ce rapport qualifie les structures spécialisées de la douleur (SDC) de « maillon essentiel » pour les patients souffrant de pathologies complexes ou réfractaires. Il souligne également que ces centres sont déjà saturés, avec des délais d'attente « démesurément longs ».
La fermeture ou la réduction d'activité de l'UTD de Nemours, qui suit des centaines de patients (dont certains atteints de maladies génétiques orphelines), aggraverait le morcellement des parcours de soins. Pour nombre de patients, une prise en charge pluriprofessionnelle (médicale, infirmière, psychologique) en milieu hospitalier est la seule alternative à une errance thérapeutique ou à une dépendance accrue aux traitements antalgiques de réserve, comme les opioïdes, dont le mésusage est un enjeu de santé publique majeur. En outre, la fermeture de cette unité fragiliserait financièrement le centre hospitalier Sud de Seine-et-Marne lui-même.
Elle lui rappelle que la douleur chronique ne doit pas être une variable d'ajustement budgétaire ou organisationnelle. Laisser péricliter une structure d'excellence par absence de recrutement revient à abandonner des milliers de citoyens à leur souffrance.
En conséquence, elle lui demande quelles mesures d'urgence elle compte prendre pour garantir le maintien de l'intégralité des activités de l'UTD de Nemours et pour s'assurer que le processus de recrutement d'un nouveau médecin coordonnateur soit finalisé sans délai, en tenant compte des besoins spécifiques de ce vaste territoire de Seine-et-Marne sous doté en transports collectifs d'où l'enjeu majeur de la préservation des trois structures existantes aujourd'hui.

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En attente de réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.

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