Question de M. SÉNÉ Marc (Bas-Rhin - Les Républicains) publiée le 28/05/2026

M. Marc Séné appelle l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur les conséquences de l'article 76 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, qui prévoit, à compter du 1er janvier 2027, le déremboursement par la caisse nationale d'assurance maladie (CNAM) des produits de santé, actes et prestations établies par des médecins exerçant en secteur 3.
Cette disposition conditionne la prise en charge non pas à la nature de l'acte prescrit ni à son indication médicale, mais au seul statut conventionnel du prescripteur. Ainsi, deux patients porteurs de la même pathologie et recevant la même ordonnance ne bénéficieront pas du même remboursement selon que leur médecin est ou non signataire d'une convention avec la CNAM.
La mesure pénalise les patients de l'ensemble du territoire national.
Dans les zones normalement dotées, beaucoup de médecins exerçant en secteur 1 et 2 n'acceptent plus de nouveaux patients ou proposent des délais d'attente incompatibles avec les besoins de soins courants. Le médecin de secteur 3 remplit alors une fonction d'accès aux soins que le zonage de l'agence régionale de santé (ARS) n'enregistre pas : plus de 54 % des médecins non conventionnés reçoivent ainsi leurs patients dans un délai inférieur à 48 heures, là où les délais d'attente en secteur 1 ou 2 atteignent couramment trois semaines. Priver ces patients du remboursement de leurs prescriptions reviendrait à les sanctionner de recourir au seul praticien disponible, indépendamment du classement administratif de leur territoire.
Cette réalité est encore plus aiguë dans les zones reconnues comme sous-denses par l'ARS. Selon les données issues du fichier Ameli et des travaux du syndicat des médecins de secteur 3, près de 57 % des 1 126 médecins non-conventionnés exercent dans des zones qualifiées par l'ARS de sous-denses et 88 % d'entre eux y exercent une activité exclusivement orientée vers les soins. Dans ces territoires, le déremboursement constituerait une double peine : absence d'alternative de proximité et prise en charge entièrement supportée par le patient, y compris pour des médicaments ou examens relevant du droit commun du remboursement.
Les renoncements aux soins et les reports vers les services d'urgences déjà saturés qui en résulteraient seraient contre-productifs, tant sur le plan sanitaire que budgétaire.
Interrogé par le sénateur Alain Milon à l'occasion de la séance de Questions d'actualité au Gouvernement du 8 avril 2026 (question d'actualité au gouvernement n° 0788G) le Gouvernement a concédé qu'il existait un « enjeu de reste à charge pour les assurés » et a déploré un manque de concertation sur ce point.
Aussi, il lui demande comment le Gouvernement entend répondre à cet enjeu et garantir l'égalité de prise en charge de tous les assurés et la continuité de l'accès aux soins sur l'ensemble du territoire à partir du 1er janvier 2027, date à laquelle la mesure entrera en vigueur.

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En attente de réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.

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