Question de M. FAGNEN Sébastien (Manche - SER) publiée le 28/05/2026

M. Sébastien Fagnen attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur les garanties apportées au maintien d'un accès direct, gratuit et universel à la radio hertzienne.

Alternative numérique de la bande FM, le DAB+ permet d'améliorer significativement la qualité de diffusion radio, tout en apportant certaines fonctionnalités issues des usages numériques. Son déploiement constitue aujourd'hui un enjeu majeur de pluralisme de l'information, de souveraineté technologique et d'accès de tous les citoyens à une information libre et diversifiée.

Le modèle historique de la radio hertzienne repose sur un principe simple : le signal est émis et chacun est libre de le capter anonymement. À l'inverse, une diffusion exclusivement dépendante d'Internet et des interfaces numériques embarquées dans les véhicules fait peser un risque important sur la protection des données personnelles des auditeurs. Plusieurs partenariats entre constructeurs automobiles et plateformes numériques permettent déjà la collecte de données liées aux usages des conducteurs, y compris leurs habitudes d'écoute. Certains constructeurs pourraient ainsi être conduits à valoriser commercialement ces données auprès d'acteurs tiers, faisant peser un risque croissant sur la confidentialité des pratiques d'écoute et sur l'indépendance de l'accès à l'information.

Cette évolution soulève également des inquiétudes quant à la pluralité de la radio. Le modèle économique des grandes plateformes numériques pourrait conduire à une uniformisation des contenus, voire à l'éviction progressive de certains acteurs radiophoniques. Dans ce contexte, la radio hertzienne demeure un outil essentiel de pluralisme démocratique.

La radio conserve par ailleurs un rôle stratégique en matière de sécurité civile et de résilience nationale face aux crises. Le 28 avril 2025, au moment de la coupure électrique en Espagne et au Portugal, la radio a constitué l'un des seuls moyens d'information accessibles dans les véhicules. Cette capacité de résilience pourrait devenir un enjeu encore plus central dans les années à venir avec l'accentuation des catastrophes liées au changement climatique, susceptibles de renforcer le besoin en canaux d'information robustes tels que la radio hertzienne.

Le règlement européen de 2018 impose actuellement l'intégration du DAB+ dans les véhicules équipés d'un autoradio. Or, l'évolution récente du marché automobile voit apparaître de plus en plus de modèles dépourvus d'autoradio traditionnel, certains constructeurs privilégiant exclusivement des interfaces numériques connectées. Cette situation permet déjà à certains industriels de contourner l'esprit du texte européen et de fragiliser l'accès universel à la radio hertzienne.
Pourtant, le coût d'intégration du DAB+ demeure particulièrement faible dans la construction automobile - estimé à environ 2 euros par véhicule - et l'équipement d'un système radio reste marginal à l'échelle du coût global d'un véhicule, autour de 50 à 80 euros.

Face à ces enjeux de souveraineté, de sécurité, de pluralisme et de droit à l'information, il lui demande quelle est la position du Gouvernement et s'il entend défendre, au niveaux français et européen, le maintien obligatoire d'un récepteur radio FM et DAB+ dans tous les véhicules neufs commercialisés au sein de l'Union européenne, indépendamment de la présence d'un autoradio.

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Transmise au Ministère délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'intelligence artificielle et du numérique


En attente de réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'intelligence artificielle et du numérique.

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