Question de M. BLANC Grégory (Maine-et-Loire - GEST-A) publiée le 28/05/2026
M. Grégory Blanc attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur la situation critique que traversent actuellement les entreprises du bâtiment en France. Ces entreprises subissent une hausse brutale et continue des coûts des matières premières, de l'énergie et des carburants, sans possibilité de répercussion sur les marchés en cours.
Cette situation entraîne une dégradation rapide des marges, des tensions sur les trésoreries, un ralentissement voire un arrêt de certains chantiers, et des renoncements à répondre à des marchés devenus trop risqués. Pire encore, des dérives sont signalées : certains industriels et fournisseurs profiteraient du contexte pour appliquer des hausses de prix déconnectées de l'évolution réelle de leurs coûts, créant un effet d'aubaine qui aggrave artificiellement la pression économique sur le secteur.
Or, le bâtiment est un secteur stratégique, directement lié à la mobilité et à l'activité économique locale. Sans mesures rapides, les conséquences pourraient être lourdes : défaillances d'entreprises, pertes d'emplois, et désorganisation de l'activité économique.
Dans ce contexte, il lui demande quelles actions le Gouvernement compte mettre en oeuvre pour atténuer la crise de ce secteur, notamment par la facilitation du dialogue avec les maîtres d'ouvrage afin d'adapter les marchés à la réalité économique actuelle ou par la lutte contre les pratiques abusives sur les prix des matériaux.
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Réponse du Ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique publiée le 23/07/2026
La période actuelle se caractérise par une forte augmentation des prix de l'énergie, qui se répercute sur certains biens intermédiaires et matériaux. De telles hausses peuvent dans ce cas être justifiées par des causes objectives. En revanche, il convient de veiller à ce que certaines entreprises peu scrupuleuses ne profitent pas de ce contexte pour augmenter artificiellement leurs prix. C'est pourquoi le Gouvernement a demandé à la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), garante de l'ordre public économique, de mettre en place un point de contact unique à destination des entreprises, afin qu'elles puissent signaler les éventuelles anomalies constatées dans la formation des prix, telles que des hausses ne correspondant, a priori, à aucune justification objective. Les entreprises et fédérations professionnelles du bâtiment peuvent d'ores et déjà contacter l'adresse mail suivante : contact.inflation@dgccrf.finances.gouv.fr. Les signalements seront examinés par les services de la DGCCRF afin d'identifier tout indice laissant penser que certaines hausses de coûts pourraient être injustifiées et notamment résulter de pratiques anticoncurrentielles. La DGCCRF mènera des enquêtes à partir de ces éléments et, le cas échéant, engagera des poursuites à l'encontre des entreprises fautives. En outre, la Commission des affaires économiques du Sénat a saisi le 6 mai 2026 l'Autorité de la concurrence afin qu'elle analyse le fonctionnement concurrentiel des marchés amont, notamment les plus concentrés, ainsi que les relations entre les acteurs de la chaîne de valeur, et formule, le cas échéant, des recommandations. Elle a sollicité également l'avis de l'Autorité sur la création d'un outil de suivi des coûts de production des matériaux de construction qui soit respectueux du cadre concurrentiel. Ses conclusions, auxquelles le Gouvernement sera particulièrement attentif, sont attendues pour le début de l'année 2027. La DGCCRF demeure pleinement mobilisée pour assurer le respect de la loyauté des relations interentreprises ainsi que le juste partage de la valeur au sein de l'ensemble des filières.
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