Question de M. LÉVRIER Martin (Yvelines - RDPI) publiée le 07/05/2026

M. Martin Lévrier interroge Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur les risques sanitaires et financiers liés à la contamination au cadmium dans la filière des farines de blé françaises.
La France est confrontée à une alerte sanitaire d'une ampleur préoccupante : la contamination au cadmium de farines issues de blés cultivés sur des sols enrichis en phosphates, potentiellement concernés par jusqu'à 50 % de la population française au travers de la consommation quotidienne de pain et de produits boulangers.
Le cadmium est un métal lourd classé cancérogène avéré par le centre international de recherche sur le cancer. Son accumulation chronique dans l'organisme est associée à des pathologies graves, notamment des cancers du rein et du pancréas. Or, un seul cas de cancer du pancréas engendre, pour les finances publiques, des dépenses directes comprises entre 63 000 et 71 000 euros. Rapportée à ne serait-ce qu'un millier de cas supplémentaires - hypothèse jugée conservatrice au regard de l'exposition potentielle de dizaines de millions de Français -, la charge financière pour l'assurance maladie s'élèverait à plus de 71 millions d'euros, sans même comptabiliser les coûts indirects : arrêts de travail, perte de productivité, accompagnement social.
À l'inverse, les aides à la transition agricole permettant de réduire significativement l'usage de ces engrais phosphatés contaminés, et les mesures de surveillance renforcée de la chaîne alimentaire, représenteraient vraisemblablement un investissement très inférieur au coût évité pour la collectivité.
Aussi, il lui demande si le Gouvernement envisage de diligenter sans délai une évaluation épidémiologique nationale sur les niveaux d'exposition de la population française au cadmium par voie alimentaire ; si des mesures de contrôle renforcées sur les teneurs en cadmium des farines et des produits issus de la filière blé sont à l'étude, en lien avec le ministère de l'agriculture et les agences sanitaires compétentes.
Enfin, il souhaiterait savoir quelle analyse médico-économique le Gouvernement entend conduire pour comparer le coût d'une politique de prévention ambitieuse à celui - autrement plus élevé - d'une prise en charge curative de masse.
Il la remercie de l'attention qu'elle portera à cette question de santé publique, dont les enjeux dépassent largement le seul secteur agricole pour toucher à la protection de l'ensemble de nos concitoyens.

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En attente de réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.

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