Question de M. BOUAD Denis (Gard - SER) publiée le 14/05/2026
M. Denis Bouad interroge Mme la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative concernant la possible remise en cause des crédits destinés aux Maisons des adolescents. Alors que les troubles de la santé mentale sont en nette augmentation chez les jeunes adolescents, le rôle des Maisons des adolescents semble plus important que jamais. Dans ce contexte, en 2024, le Gouvernement avait annoncé le doublement des moyens accordés aux Maisons des adolescents à travers un plan de renforcement de 15 millions d'euros par an pendant 3 ans. Ces engagements ont été tenus dans le cadre de l'exercice 2025 mais ils pourraient être remis en cause pour les exercices 2026 et 2027. Il souhaite savoir si le Gouvernement entend respecter ses engagements auprès de Maisons des adolescents au cours des exercices à venir.
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Transmise au Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées
Réponse du Ministère délégué auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargé de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 20/05/2026
Réponse apportée en séance publique le 19/05/2026
M. le président. La parole est à M. Denis Bouad, auteur de la question n° 1114, transmise à Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
M. Denis Bouad. Madame la ministre, les guerres, le covid, le dérèglement climatique et, peut-être surtout, les réseaux sociaux sont, par bien des aspects, une source d'anxiété. Le fait que le Gouvernement ait décidé de faire de la santé mentale la grande cause nationale en 2025 et de prolonger celle-ci en 2026 ne relève en rien du hasard. Il suffit d'échanger avec les enseignants pour constater à quel point notre jeunesse est exposée.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Les tentatives de suicide chez les jeunes filles âgées de 10 à 14 ans ont augmenté de 118 % ces cinq dernières années et, dans le même temps, les hospitalisations en psychiatrie ont augmenté de 50 % pour les adolescents.
Face à cette réalité alarmante, les maisons des adolescents sont essentielles à la prévention, à l'écoute et à l'accompagnement de nos jeunes. Elles accueillent gratuitement plus de 100 000 d'entre eux par an. Face à l'engorgement de la pédopsychiatrie, leur mission est encore plus importante et complexe. Depuis 2018, leurs effectifs ont augmenté de 37 % pour faire face à ce surplus d'activité.
En 2024, le Gouvernement avait prévu le doublement des moyens accordés aux maisons des adolescents à travers un plan de renforcement de 15 millions d'euros par an pendant cinq ans. Or il semblerait qu'en 2025 les agences régionales de santé (ARS) n'aient pas intégralement reversé ces 15 millions d'euros aux maisons des adolescents.
Par ailleurs, ces dernières n'ont, à ce jour, aucune visibilité sur la poursuite de ce plan de renforcement pour les exercices 2026 et 2027.
Madame la ministre, pouvez-vous nous confirmer les engagements du Gouvernement ? Le doublement des moyens accordés aux maisons des adolescents sera-t-il respecté et les montants annoncés versés dans les délais prévus ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Camille Galliard-Minier, ministre déléguée auprès de la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, chargée de l'autonomie et des personnes handicapées. Monsieur le sénateur Bouad, je vous prie d'excuser l'absence de la ministre, Mme Stéphanie Rist, qui m'a chargée de vous répondre.
Le Gouvernement est pleinement mobilisé face à l'augmentation des troubles de la santé mentale chez les jeunes, un enjeu majeur de santé publique et une priorité d'action pour la ministre. Les maisons des adolescents jouent, dans ce cadre, un rôle essentiel de prévention, d'écoute, d'accompagnement et d'orientation des jeunes ainsi que de leurs familles sur l'ensemble du territoire.
Conscient de ces enjeux, le Gouvernement a engagé pour 2025 un renforcement significatif des moyens alloués aux maisons des adolescents, afin de consolider leur capacité d'action et de répondre à l'augmentation des besoins sur le terrain. Cet engagement s'inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de l'offre de prévention, de repérage précoce et d'accompagnement en santé mentale des jeunes.
Dans un contexte budgétaire exigeant, la santé mentale demeure une priorité du Gouvernement. La décision de prolonger la santé mentale comme grande cause nationale en 2026 traduit la volonté d'inscrire cette mobilisation dans la durée, avec une attention particulière portée à la santé mentale des enfants, des adolescents et des jeunes adultes.
À ce titre, la ministre sera attentive à ce que des financements puissent être mobilisés et intégrés dans les mesures nouvelles du fonds d'intervention régional (FIR) pour 2026, afin de permettre aux agences régionales de santé de poursuivre l'accompagnement des maisons des adolescents et de soutenir les dynamiques engagées dans les territoires.
Les agences régionales de santé alloueront ces crédits au plus près des besoins territoriaux, en lien avec les acteurs concernés et en fonction des réalités locales. Le Gouvernement reste pleinement engagé aux côtés des structures de proximité qui contribuent à améliorer l'identification et le repérage pour un meilleur accès des jeunes à une prise en charge adaptée, précoce et coordonnée en santé mentale.
M. le président. La parole est à M. Denis Bouad, pour la réplique.
M. Denis Bouad. Madame la ministre, j'entends les difficultés financières du Gouvernement et de la société française en général. Je veux toutefois vous rappeler que la priorité doit aller à la jeunesse. La santé mentale étant une grande cause nationale, nous devons mettre les moyens en adéquation avec nos ambitions.
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