Question de M. BUIS Bernard (Drôme - RDPI) publiée le 14/05/2026
M. Bernard Buis attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la permanence des soins primaires dans la vallée de la Roanne et plus particulièrement dans la commune de Saint-Nazaire-le-Désert.
Dans cette commune d'environ deux cents habitants, force est de constater que la couverture de soins ne permet plus de répondre aux besoins de la population. Pourtant, dans les secteurs de Bourdeaux, Saillans et la Motte-Chalancon, tous situés dans un périmètre d'environ vingt-cinq kilomètres du secteur de Saint-Nazaire-le-Désert, des professionnels de santé exercent aujourd'hui. Ces derniers sont répartis sur l'ensemble du territoire, notamment dans le cadre de maisons de santé dynamiques regroupant quelques infirmiers diplômés d'État libéraux et médecins généralistes.
Néanmoins, la position géographique de la commune de Saint-Nazaire-le-Désert complexifie l'accès aux soins médicaux et infirmiers. Pour accéder à Saint-Nazaire-le-Désert depuis l'une des trois communes citées précédemment, plus de trente minutes en voiture sont nécessaires. En raison du nombre de kilomètres à parcourir entre ces communes, il semblerait que la prise en charge financière des frais de déplacement par la caisse primaire d'assurance maladie ne soit pas automatiquement acquise. Autrement dit, si une infirmière se déplace de Saillans jusqu'à Saint-Nazaire-le-Désert, cette dernière doit demander une dérogation pour chaque déplacement.
Dans un contexte où les coûts liés à la mobilité sont en forte hausse, les habitants de la commune sont donc bien souvent dans l'obligation de venir par leurs propres moyens pour accéder à des soins. Dès lors, les soins à domicile deviennent impossibles à dispenser.
Face à une telle situation, l'ensemble des acteurs travaille aujourd'hui de manière collective pour trouver une solution pérenne. À ce stade, deux pistes d'évolution semblent être envisagées avec, d'une part, la permanence de soins délocalisés nécessitant des financements importants et d'autre part, la mise en place d'une solution permettant de renforcer les moyens humains qui serait trouvée par les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) du secteur, étant précisé que la commune de Saint-Nazaire-le-Désert est concernée par deux de ces CPTS.
Toujours est-il que l'exemple de la commune de Saint-Nazaire-le-Désert reflète une situation complexe où la problématique de permanence des soins primaires se confronte aux enjeux de mobilité, dans une commune rurale située dans un territoire isolé et touché par la désertification médicale ainsi que par le vieillissement de la population.
Par conséquent, il l'interroge donc sur la manière dont le Gouvernement pourrait agir afin d'assurer la permanence des soins dans ce territoire comme dans d'autres communes rurales où la situation présenterait des similitudes. Il lui demande également dans quelle mesure les frais de déplacements des infirmiers pourraient être remboursés au-delà des vingt-cinq kilomètres sans faire l'objet d'une demande de dérogation systématique.
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En attente de réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
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