Question de Mme ROSSIGNOL Laurence (Val-de-Marne - SER) publiée le 04/06/2026

Question posée en séance publique le 03/06/2026

M. le président. La parole est à Mme Laurence Rossignol, pour le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)

Mme Laurence Rossignol. Monsieur le Premier ministre, mesdames, messieurs les ministres, si vous êtes aujourd'hui au banc du Gouvernement, c'est parce que les Français, par deux fois, en 2022 et en 2024, ont voté pour que notre pays ne tombe pas entre les mains de l'extrême droite ; c'est aussi parce que les parlementaires socialistes ont refusé le chaos. Nous n'avons pas agi par soutien à votre politique, loin de là ; si nous avons fait ce choix, c'est parce que nous savons que le chaos ne profite jamais à la République.

Et voilà qu'une de vos ministres se rend chez le patron de certain groupe de presse totalement dévoué à l'extrême droite, au point d'oeuvrer à son arrivée au pouvoir ; qu'elle y déjeune avec une propagandiste de Poutine ; qu'il ne lui vient même pas à l'idée de se demander si elle est bien à sa place et s'il ne vaut pas mieux quitter la table...

Monsieur le Premier ministre, vous avez traité cet épisode comme une anecdote. Or ce n'est pas une affaire anecdotique. C'est une affaire symptomatique : symptomatique de la collusion entre le groupe Bolloré et la Russie ; symptomatique, aussi, d'une forme de porosité entre une partie de la droite et l'extrême droite, phénomène qui, à présent, semble même à l'oeuvre au sein de votre gouvernement. C'est de cela que nous voulons parler aujourd'hui.

J'ai trois questions à vous poser. Tout d'abord, comment comptez-vous être fidèle à l'équation qui vous a donné votre légitimité ? Ensuite, quelles valeurs morales entendez-vous suivre au cours des dix mois à venir ? Enfin, quelles politiques économiques, sociales et environnementales allez-vous présenter aux Français pour préparer le pays, qui va être soumis à une confrontation inédite et majeure au cours de laquelle la République sera menacée par une extrême droite désormais convertie au trumpisme et inféodée à la Russie ? (Vifs applaudissements sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées des groupes GEST et CRCE-K.)


Réponse du Ministère délégué, porte-parole du Gouvernement auprès du Premier ministre, et ministère délégué, chargé de l'énergie auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique publiée le 04/06/2026

Réponse apportée en séance publique le 03/06/2026

M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement.

Mme Maud Bregeon, ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement, et ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l'énergie. Madame la sénatrice, personne ne peut suspecter Annie Genevard de la moindre connivence avec le projet d'union des droites... (Protestations sur des travées du groupe SER.)

Mme Marie-Pierre de La Gontrie. Que faisait-elle là ?

Mme Maud Bregeon, ministre déléguée. Se livrer, comme vous le faites, à de telles insinuations, revient à manquer de respect pour l'ensemble de son parcours et de son engagement (Nouvelles protestations sur les travées du groupe SER. - Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.), y compris contre son propre parti politique. Ce n'est pas très sérieux de votre part.

Les discussions que nous avons menées depuis la nomination de M. le Premier ministre démontrent précisément le contraire de ce que vous dites.

M. Roger Karoutchi. Eh oui...

Mme Maud Bregeon, ministre déléguée. Nous n'avons pas de majorité : nous l'avons bien noté... Il nous fallait donc trouver des groupes politiques avec qui négocier. Nous avons fait le choix, qui nous a du reste été reproché, de discuter avec les socialistes et non avec le Rassemblement national (RN). Il faut être extrêmement clair sur ce point.

M. Mickaël Vallet. Il ne faut pas dîner non plus !

Mme Maud Bregeon, ministre déléguée. D'ailleurs, tout le monde devrait l'être.

Dès l'origine, nous avons refusé toute discussion, toute connivence avec le Rassemblement national. (Mme Marie-Pierre de La Gontrie s'exclame.) Ce choix démontre la sincérité de notre engagement. Aujourd'hui, vous incriminez le Gouvernement par le truchement d'une de ses ministres... (Protestations sur les travées du groupe SER.)

M. Hussein Bourgi. Assumez !

Mme Maud Bregeon, ministre déléguée. Ce n'est pas à la hauteur du travail que nous avons mené. Ce n'est pas digne des principes et des valeurs que nous défendons depuis plusieurs mois.

M. le président. La parole est à Mme Laurence Rossignol, pour la réplique.

Mme Laurence Rossignol. Madame la ministre, vous n'avez pas répondu à ma question : comment allez-vous mobiliser les Français contre l'extrême droite ?

M. Roger Karoutchi. Contre La France insoumise (LFI) aussi !

Mme Laurence Rossignol. Vous avez justifié l'attitude du Gouvernement - très mal. Vous avez défendu une de vos collègues ministres, qui ne mérite pourtant pas d'être défendue. Je n'aurai pas la cruauté de répondre à l'indigence de votre réponse. (Protestations sur les travées du groupe Les Républicains. - Applaudissements sur les travées des groupes SER et GEST.)

M. Olivier Paccaud. Et la francisque ?

Page mise à jour le