Question de Mme EUSTACHE-BRINIO Jacqueline (Val-d'Oise - Les Républicains) publiée le 04/06/2026

Question posée en séance publique le 03/06/2026

M. le président. La parole est à Mme Jacqueline Eustache-Brinio, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.)

Mme Jacqueline Eustache-Brinio. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'intérieur.

Monsieur le ministre, la soirée de samedi dernier devait être festive, le but étant de célébrer une belle victoire sportive. Or, très vite, nous avons assisté à un soir de violence et même d'émeute. Nous avons vu de véritables scènes de guérilla urbaine.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 71 villes concernées, 178 policiers et gendarmes blessés, plus de 900 interpellations. L'image de la France à l'international s'en trouve encore dégradée à la veille du salon Choose France - cela ne s'invente pas !

Selon vos propres mots, notre pays a connu des « débordements », mais la situation est restée « globalement sous contrôle ». Or, j'y insiste, nous avons assisté à de graves violences, à des destructions, à des pillages. Nous avons constaté la volonté de « casser du flic » partout en France.

Ce sont non pas des supporters que les Français ont vu agir ainsi, mais des hordes de barbares, venus commettre l'inadmissible.

Samedi soir, nos policiers, gendarmes et pompiers ont accompli un travail remarquable, dans le cadre qui leur était donné. On peut les en remercier. Toutefois, je ne suis pas persuadée que la doctrine de maintien de l'ordre ait été suffisamment ferme et je m'inquiète de la faiblesse des sanctions retenues contre ces délinquants.

Ces émeutes s'apparentent désormais à des rituels, répétés chaque 1er janvier, chaque 14 juillet et lors de tout rassemblement. Leur premier objectif est de casser.

Monsieur le ministre, au-delà des chiffres, avez-vous analysé ce phénomène en termes sociétaux ? Vous êtes-vous penché sur la sociologie de ces jeunes, malheureusement souvent issus de l'immigration ? (Protestations sur des travées des groupes SER, CRCE-K et GEST.) Allez-vous me dire, comme l'un de vos prédécesseurs, après les émeutes de 2023, que, parmi les casseurs de samedi soir, il y avait beaucoup de Kévin et de Mattéo ? On se souvient ici de cette phrase...

Les Français, pris en otages ces soirs-là, en ont marre de l'impunité, du laxisme, du déni, d'une immigration incontrôlée, de l'absence de sanction à l'égard des parents, seuls responsables de leurs enfants mineurs, et de l'échec de l'assimilation.

Il va falloir que les choses changent vite et en profondeur. C'est ce que les Français attendent. (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains. - M. Christopher Szczurek applaudit également.)

Mme Valérie Boyer. Bravo !


Réponse du Ministère de l'intérieur publiée le 11/06/2026

Réponse apportée en séance publique le 10/06/2026

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'intérieur.

M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur. Madame la sénatrice, vous vous êtes référée à certains de mes propos : je tiens avant tout à vous répondre sur ce point.

J'ai bel et bien parlé de débordements, et j'ai systématiquement défini ces derniers. Je le répète, je l'ai déjà fait l'année dernière, quand, avec M. Retailleau, alors ministre de l'intérieur, nous avons eu à affronter les mêmes types d'incidents.

Devant la commission des lois de l'Assemblée nationale, j'ai alors parlé de débordements, que j'ai qualifiés comme vous venez de le faire. Ce sont des scènes de guérillas et d'émeutes urbaines. Alors, arrêtez de me prêter des mots laissant sous-entendre que je sous-estime telle ou telle situation. Arrêtez ! Cela fait vingt ans que je m'occupe de violences urbaines et je sais de quoi je parle. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI, ainsi que sur des travées des groupes SER, GEST et RDSE. - Exclamations sur des travées du groupe Les Républicains.)

Samedi soir, il y a eu des moments festifs. Il y a aussi eu des débordements très graves. Je ne le nie évidemment pas. Ces actes sont le fait de jeunes voyous, de jeunes casseurs.

De notre côté, que faisons-nous ? Je vais répondre précisément à votre question, après avoir remercié les forces de sécurité intérieure, qui, suivant les instructions que je leur donne, vont systématiquement au contact. D'ailleurs, le nombre de blessés déplorés parmi les forces de l'ordre n'est malheureusement plus de 178 : il est de 233, dont un certain nombre de personnes blessées très gravement. Dans deux cas, le parquet de Paris a même ouvert une enquête pour tentative d'homicide volontaire.

Vous m'interrogez sur le profil de ces voyous. Sachez qu'une grande partie des personnes placées en garde à vue à Paris samedi soir sont des jeunes originaires des petite et grande couronnes ; qu'il s'agit à plus de 90 % de citoyens français.

Vous avez raison, ces jeunes viennent pour casser. Ils viennent pour piller. C'est bien pourquoi nous ripostons avec fermeté. Croyez-moi, contrairement à ce que j'ai pu lire ici ou là, les instructions sont claires et fermes. Il s'agit d'aller au contact, et les policiers y vont. Ils interpellent. Merci, à ce propos, d'avoir rappelé le chiffre de 891 interpellations.

Nous continuerons d'agir avec la même fermeté. Bien sûr, on peut toujours améliorer tel ou tel dispositif. Souvenez-vous, l'an passé, après la finale de la Ligue des champions, nous étions très inquiets pour la Fête de la musique, et pour cause : ces jeunes-là, ces voyous, ces casseurs n'ont rien à voir avec le football. Ils profitent du moindre rassemblement pour tenter de provoquer le chaos.

Pour la Fête de la musique, l'an passé, nous les en avons empêchés. Nous allons faire de même cette année, en déployant les effectifs sur le terrain et en menant des interpellations systématiques. Vous pouvez compter sur notre efficacité. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)

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