Question de M. BASQUIN Alexandre (Nord - CRCE-K) publiée le 04/06/2026

M. Alexandre Basquin attire l'attention de M. le ministre de l'action et des comptes publics sur la situation préoccupante de la fonction publique, elle qui est marquée par une perte d'attractivité sans précédent.
La fonction publique repose sur des principes fondamentaux qui assurent la continuité du service public, l'égalité de tous devant ce service, ainsi que l'adaptabilité aux besoins des usagers. Ces valeurs sont au coeur de l'action publique et constituent un socle indispensable au bon fonctionnement de la société.
Cependant, malgré ces principes impérieux, alors qu'elle a des moyens toujours plus amoindris et une pression, à l'inverse, toujours plus accrue, la fonction publique n'attire plus.
La multiplication des démissions parmi les agents de la fonction publique est un phénomène qui inquiète d'autant plus que le baromètre du travail de la fonction publique de la confédération française démocratique du travail (CFDT), daté du 30 avril 2026, révèle qu'un quart des agents envisageraient de quitter leur poste alors même que les difficultés de recrutement s'accentuent, et que la vague de départs à la retraite attendue risque d'aggraver la situation.
Il apparaît donc, que non seulement la fonction publique a les plus grandes difficultés à recruter, mais qu'il devient également de plus en plus difficile de retenir les agents actuellement en poste.
Malgré un attachement toujours fort des Français à la fonction publique, cette fidélité ne suffit plus à garantir le maintien des effectifs nécessaires.
Ce phénomène, qualifié de « grande démission », menace la pérennité du service public et remet en cause sa capacité à remplir ses missions d'intérêt général.
Des moyens nouveaux attribués aux services publics et la revalorisation des salaires pourraient notamment permettre d'enrayer cette mécanique infernale.
C'est dans ce contexte qu'il lui demande ce que le Gouvernement compte mettre en place afin de rendre attractive la fonction publique et ainsi assurer la pérennité et la qualité du service public au bénéfice de l'ensemble de la société.

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Réponse du Ministère de l'action et des comptes publics publiée le 30/07/2026

Le Gouvernement ne partage pas le constat selon lequel la fonction publique n'attirerait plus et serait menacée dans sa pérennité par une « grande démission ». Cette présentation générale ne rend compte ni de l'attachement durable des agents à leurs missions, ni de la diversité des situations entre métiers, territoires et employeurs publics. Il prend en revanche pleinement au sérieux les difficultés de recrutement et de fidélisation rencontrées dans certains secteurs. Le baromètre de la CFDT constitue un signal important. Il montre que près d'un quart des agents interrogés jugent probable de quitter la fonction publique dans les prochaines années. Cette intention déclarée ne peut toutfois être assimilée à un niveau constaté de démissions, mais elle met en évidence des attentes fortes en matière de conditions de travail et de rémunération. 73 % des agents demeurent attachés au fait de travailler pour la fonction publique et 74 % trouvent du sens à leur travail. Le constat est donc moins celui d'un désengagement à l'égard du service public que celui d'un risque d'usure et de départ d'agents qui restent profondément attachés à leurs missions. Les données d'emploi ne permettent pas de conclure à une « grande démission » généralisée. Au 31 décembre 2024, la fonction publique employait 5,85 millions d'agents, soit 37 000 de plus qu'un an auparavant. Les effectifs ont progressé dans les trois versants : de 0,8 % dans la fonction publique de l'État et de 0,5 % dans les fonctions publiques territoriale et hospitalière. Le Gouvernement a, dans cette perspective, rouvert le 8 juillet 2026 un rendez-vous salarial annuel, après deux années sans exercice de cette nature. Cette démarche vise à renouer avec un dialogue régulier avec les organisations syndicales et les employeurs des trois versants, en conciliant la reconnaissance due aux agents et la responsabilité dans la gestion des finances publiques. A cet égard, il convient de rappeler qu'une hausse de 1 % représenterait environ 2,4 milliards d'euros pour l'ensemble des finances publiques, sans cibler les métiers, les niveaux de rémunération ou les étapes de carrière où les difficultés sont les plus fortes. Dans le contexte budgétaire actuel, le Gouvernement entend donc concentrer les marges disponibles sur des mesures ciblées. Les travaux engagés portent en particulier sur le rétablissement d'une véritable progression dans les carrières, notamment pour les catégories C et B ; l'amélioration des conditions de classement après un concours ou une promotion ; l'élargissement des possibilités d'avancement de grade et de promotion interne ; une meilleure reconnaissance de l'expérience et des responsabilités exercées. L'objectif est qu'une promotion se traduise effectivement dans la rémunération et que plusieurs années d'engagement ne conduisent pas à demeurer durablement au voisinage du minimum de traitement. Ces évolutions ont vocation à être mises en oeuvre progressivement, dans le respect de la trajectoire de rétablissement des finances publiques et sous réserve du vote des crédits nécessaires en loi de finances. La rémunération ne constitue cependant qu'une dimension de l'attractivité. La réduction des délais de recrutement, la formation et la mobilité professionnelles, la qualité du management, l'association des agents aux transformations qui les concernent, la prévention des risques professionnels et des agressions, la protection sociale complémentaire, l'articulation entre la vie professionnelle et la vie personnelle ainsi que l'accès au logement doivent également être pris en compte. Les agents publics ne sauraient être considérés comme les boucs émissaires des difficultés de nos finances publiques. La qualité du service rendu aux usagers repose sur des agents reconnus et disposant de perspectives professionnelles réelles. C'est dans cette direction que le Gouvernement entend poursuivre son action, en privilégiant des mesures ciblées sur les difficultés les plus manifestes et construites dans le dialogue social.

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