Question de M. BUIS Bernard (Drôme - RDPI) publiée le 04/06/2026
Question posée en séance publique le 03/06/2026
M. le président. La parole est à M. Bernard Buis, pour le groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
M. Bernard Buis. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'économie.
La France est aujourd'hui reconnue comme le pays le plus attractif d'Europe en matière d'investissements internationaux. (Exclamations sur des travées du groupe Les Républicains.) Le dernier sommet Choose France l'a prouvé en battant un nouveau record : pas moins de 71 projets d'investissement ont été annoncés pour un montant total de 93 milliards d'euros, avec à la clé plus de 15 000 emplois attendus.
M. Bruno Sido. Ah là là...
M. Bernard Buis. Cette réussite n'est pas le fruit du hasard. Elle découle d'une volonté politique, de la stabilité de nos institutions, de la qualité de nos infrastructures et de la mobilisation de nos territoires.
M. Jacques Grosperrin. N'en faites pas trop !
M. Bernard Buis. Ce sont là autant de qualités françaises qui expliquent notre attractivité.
Les dernières années ont été marquées par un autre succès : la reconstruction de Notre-Dame de Paris. En quelques mois seulement, grâce à une gouvernance claire, à des procédures simplifiées, à la mobilisation des compétences et à un objectif commun à tous, la France a démontré sa capacité à mener rapidement un projet d'envergure nationale et même mondiale.
Cette expérience soulève une question simple : pourquoi ne pas s'inspirer davantage de la « méthode Notre-Dame » pour accélérer le développement de nos grands projets économiques ?
Dans de nombreux secteurs stratégiques, qu'il soit question d'industrie, d'énergie, de logement ou de réindustrialisation, l'accumulation des délais administratifs, la multiplication des procédures et la complexité réglementaire demeurent des freins à l'investissement et à la création d'emploi. Or, la « méthode Notre-Dame » a montré une chose : nous pouvons gagner en efficacité tout en préservant nos exigences de qualité et de sécurité.
C'est pourquoi le Président de la République, Emmanuel Macron, souhaite que cette méthode soit appliquée à 150 projets industriels stratégiques à travers la France. C'est ce qu'il a fait savoir le 22 avril dernier.
Monsieur le ministre, le sommet Choose France est un succès indéniable et nous espérons bien sûr le voir perdurer. Mais, pour l'heure, ne pouvons-nous pas appliquer la logique de simplification et d'efficacité retenue pour la reconstruction de Notre-Dame à l'ensemble de nos secteurs économiques, pour renforcer encore davantage l'attractivité et la compétitivité de la France ? (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Réponse du Ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique publiée le 04/06/2026
Réponse apportée en séance publique le 03/06/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
M. Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Monsieur le sénateur Bernard Buis, la neuvième édition de Choose France est bien un succès. On peut même parler, à ce titre, de succès phénoménal.
Vous avez rappelé un certain nombre de chiffres. Pour la neuvième année consécutive, des investissements massifs sont dirigés vers la France - nous devons nous en féliciter et j'espère que nous le faisons tous -, dans des secteurs extrêmement variés : l'énergie, l'industrie traditionnelle, y compris l'acier, qui se décarbone grâce au développement de l'acier vert, les data centers, dont on a beaucoup parlé, ou encore la chaîne de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique dans son ensemble.
Ayons aussi à l'esprit que les huit dernières années ont donné lieu à des projets qui, aujourd'hui, sortent de terre. La moitié des projets engrangés au cours de cette période ont déjà abouti et plus de 40 % d'entre eux sont en cours de finalisation. Ainsi, plus de 90 % des projets annoncés depuis huit ans sont en train de devenir réalité.
Vous l'avez dit, ces succès ne sont pas le fruit du hasard. Ce sont les politiques menées depuis dix ans qui les ont permis.
Aujourd'hui, la France attire. Il y a dix ans, on nous parlait beaucoup de droit du travail et de fiscalité : ce n'est plus le cas. À l'inverse - je reviens à votre question -, on nous parle de permis de construire, de rapidité d'exécution et des capacités énergétiques qu'il convient de couvrir. C'est ce que nous demandent les investisseurs qui souhaitent venir en France.
Le Président de la République l'a annoncé, 150 sites industriels sont d'ores et déjà identifiés pour une application de la « méthode Notre-Dame ». Nous parlons là de notre capacité à accélérer les procédures, à simplifier, à paralléliser et à coordonner l'ensemble des acteurs - parlementaires, représentants de l'État, régions ou encore intercommunalités - pour que l'on continue d'investir en France.
Enfin - j'insiste sur ce point -, nombre de ces investisseurs internationaux choisissent des partenariats avec de grandes entreprises françaises. On a beaucoup parlé de SoftBank et de son partenariat avec Schneider Electric pour installer des usines produisant des composants à destination des data centers. De même, la grande entreprise allemande Vorwerk a choisi la France, contre l'Allemagne, pour produire ses cuves à Thermomix - un équipement que nous connaissons tous -, car, désormais, les permis de construire sont délivrés plus vite en France qu'en Allemagne.
Ce sont là autant de succès dont nous devons être fiers. À présent, il convient de continuer : c'est de l'avenir de la France qu'il s'agit. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
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