Question de M. PIEDNOIR Stéphane (Maine-et-Loire - Les Républicains) publiée le 04/06/2026

Question posée en séance publique le 03/06/2026

M. le président. La parole est à M. Stéphane Piednoir, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

M. Stéphane Piednoir. Monsieur le ministre de l'enseignement supérieur, l'institut d'études politiques (IEP) de Paris, plus communément appelé Sciences Po, est de nouveau sous le feu des critiques et des projecteurs médiatiques.

Symbole de l'excellence académique à la française, Sciences Po est régulièrement confronté à une escalade de la violence qui, il faut bien le dire, est concomitante avec la montée du militantisme d'extrême gauche. Par ailleurs, l'institut est régulièrement brutalisé par des idéologues qui reprochent aux autres leurs propres turpitudes.

Dans ces conditions, Sciences Po n'est plus l'étendard de la culture qui a pourtant fait sa renommée jadis.

Bien sûr, le débat, la liberté d'expression et le pluralisme de la pensée ont toute leur place dans cet établissement, qui vise précisément à former les jeunes à l'esprit critique. Or il n'en va pas de même des blocages successifs et systématiques d'amphithéâtres qui légitiment le recours aux forces de l'ordre, de l'opposition au recrutement d'un enseignant coupable de non-conformité à la pensée unique ni de propos antisémites tenus lors des manifestations étudiantes. Les orientations mêmes du centre de recherches internationales (Ceri) de Sciences Po sont aujourd'hui contestées.

Il faut savoir que, face à une minorité de professeurs ultrapolitisés et allergiques à tout changement et à toute divergence d'opinions, la majorité désavoue ces dérives et aspire à retrouver le calme et un cadre de travail serein. C'est d'ailleurs toute l'ambition du directeur, Luis Vassy, qui, dès son arrivée, avait affirmé sa volonté de mettre fin au chaos, pour que Sciences Po redevienne synonyme d'excellence.

Nous le soutenons dans sa démarche courageuse face aux pressions idéologiques dont il est la cible. Et vous, monsieur le ministre ? (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)


Réponse du Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace publiée le 04/06/2026

Réponse apportée en séance publique le 03/06/2026

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace.

M. Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace. Monsieur le sénateur Piednoir, les actes de violence politique qui visent à empêcher l'expression de la pluralité ou le bon déroulement des conférences à l'université ou à Sciences Po ne sont pas tolérables.

Vous le savez, la politique du Gouvernement contre ces actes ou contre les actes antisémites que vous avez mentionnés est celle de la tolérance zéro. Ces incidents portent atteinte à la sécurité et à la dignité des étudiants et contribuent à créer un climat malsain et parfois de haine au sein de l'établissement.

Nous avons renforcé les dispositifs pour lutter et mieux sanctionner les auteurs et accompagner les victimes par des signalements systématiques. Je veux saluer l'initiative venue du Sénat : la loi relative à la lutte contre l'antisémitisme dans l'enseignement supérieur de Pierre-Antoine Levi et Bernard Fialaire est désormais pleinement en vigueur.

J'en suis convaincu, cette ligne de fermeté la plus absolue est la seule possible à Sciences Po et dans toutes nos universités, comme dans notre société en général.

Aujourd'hui, je constate que l'engagement de Luis Vassy dans cette mission est total et qu'il l'expose parfois à la critique. Son action a permis un retour au calme et à la confiance dans cet établissement, en cohérence avec son rayonnement international, qui reste intact. Il suffit de voir l'attractivité dont l'établissement jouit aujourd'hui au plan international, notamment aux États-Unis. En cela, notre soutien est total.

Le Premier ministre et l'ensemble du Gouvernement seront toujours aux côtés des présidents d'établissement de l'enseignement supérieur, qu'il s'agisse de Sciences Po ou d'autres universités. Ils font preuve de courage et de fermeté pour assurer que le débat d'idées et la liberté académique ne soient jamais remis en cause dans leur établissement en raison d'une violence politique ou physique. (MM. François Patriat et Thani Mohamed Soilihi applaudissent.)

M. le président. La parole est à M. Stéphane Piednoir, pour la réplique.

M. Stéphane Piednoir. Je vous remercie d'apporter votre soutien à Luis Vassy, monsieur le ministre, qui oeuvre non seulement à rétablir le lustre de cette belle institution qu'est Sciences Po, à laquelle nous sommes attachés, mais aussi à préserver le pluralisme d'opinion, qui est un principe fondamental dans une démocratie. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. - M. Jean-François Longeot applaudit également.)

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