Question de M. BURGOA Laurent (Gard - Les Républicains) publiée le 11/06/2026
M. Laurent Burgoa attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur l'effondrement de l'accès aux soins dermatologiques, dont les conséquences affectent directement la prévention, le dépistage, le diagnostic et le suivi de millions de patients.
Alors même que les campagnes nationales de prévention, notamment à l'occasion de Mai Violet consacré à la prévention des cancers cutanés, encouragent la population à consulter rapidement en cas de lésion suspecte, l'accès à un dermatologue dans des délais compatibles avec les enjeux médicaux devient de plus en plus difficile sur l'ensemble du territoire. Dans de nombreux départements, les délais d'attente se comptent désormais en plusieurs mois, voire dépassent une année.
Cette situation a des conséquences particulièrement préoccupantes pour le dépistage des cancers cutanés. Chaque année en France, près de 200 000 nouveaux cancers de la peau sont diagnostiqués. Or, face à l'allongement des délais de consultation, les risques de retard diagnostique augmentent. Au-delà des pathologies cancéreuses, cette pénurie touche également les patients souffrant de maladies inflammatoires chroniques sévères telles que la dermatite atopique, le psoriasis ou certaines maladies auto-immunes. Ces affections, souvent considérées à tort comme bénignes, entraînent pourtant des répercussions importantes sur la qualité de vie, le sommeil, la santé mentale, l'insertion sociale et l'activité professionnelle des personnes concernées.
Cette crise résulte principalement d'un déficit structurel de formation. La France ne compte aujourd'hui qu'environ 2 848 dermatologues pour 68 millions d'habitants, soit 3,25 spécialistes pour 100 000 habitants, un niveau largement inférieur aux besoins identifiés. En 2025, seuls 102 internes ont été formés dans cette spécialité alors que de nombreux professionnels estiment qu'un minimum de 150 internes par an pendant une décennie serait nécessaire pour répondre aux besoins de la population et compenser les départs à la retraite.
Malgré les initiatives mises en oeuvre par la profession, telles que le développement de la téléexpertise, les équipes de soins spécialisés ou les organisations territoriales innovantes, les professionnels de santé alertent sur le fait que ces dispositifs ne pourront répondre seuls à l'ampleur de la crise sans une stratégie nationale ambitieuse.
Dans ce contexte, il lui demande si le Gouvernement entend soutenir la création d'une mission ministérielle dédiée à l'accès aux soins dermatologiques, associant représentants des patients, parlementaires et professionnels de santé, afin d'identifier les freins structurels à la prise en charge, de proposer des solutions opérationnelles adaptées aux territoires, de réduire les délais d'accès aux consultations spécialisées et, ce faisant, de mettre un terme à la perte de chance devenue quotidienne pour de nombreux patients.
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En attente de réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
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