Question de Mme CANALÈS Marion (Puy-de-Dôme - SER) publiée le 11/06/2026
Mme Marion Canalès attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la politique du Gouvernement en matière de prévention et de détection des cancers gynécologiques pelviens.
18 000 femmes sont touchées, chaque année, en France, par un cancer gynécologique pelvien, et notamment, par un cancer de l'ovaire ou de l'endomètre. Malgré le nombre de femmes concernées, ces cancers sont tabous et éclipsés des campagnes nationales de prévention. Au contraire des cancers du sein ou de l'utérus, les cancers pelviens ne font pas l'objet d'une campagne de communication dédiée.
L'âge moyen de la détection d'un cancer gynécologique pelvien se situe aux alentours de 68 ans tandis que l'âge de risque maximal est estimé entre les 75 et 79 ans de la patiente. Or, à cet âge, peu de femmes disposent encore d'un suivi gynécologique. En effet, seules 16,4% des femmes âgées de plus de 66 ans consultent encore un gynécologue. Dans les territoires confrontés à une pénurie de soignants, la proportion de femmes bénéficiant d'un suivi gynécologique est encore plus faible, ce qui peut accroître le risque de diagnostic tardif
Comment assurer, alors, un suivi et une détection des potentiels symptômes ? À plus forte raison lorsque l'on sait que le cancer de l'ovaire présente des symptômes tardifs et souvent confondus avec des troubles digestifs ou urinaires.
Ainsi, les femmes les plus exposées sont les moins ciblées par les politiques de prévention. Les rendez-vous de prévention récemment instaurés par le Gouvernement sont les bienvenus mais n'intègrent pas les cancers gynécologiques pelviens, au contraire des cancers du sein et de l'utérus.
Elle lui demande donc quelles mesures le Gouvernement entend mettre en oeuvre pour que les cancers gynécologiques pelviens soient enfin partie prenante des politiques de prévention.
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Réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées publiée le 02/07/2026
La prévention et le repérage précoce des cancers sont un enjeu majeur pour le ministère chargé de la santé. L'incidence des cancers génitaux féminins évolue favorablement en France. Le cancer de l'endomètre est la 5ème cause de cancer chez la femme en France. On estime à environ 8 400 le nombre de nouveaux cas en 2023. Le taux d'incidence est en baisse depuis 2010. Une légère baisse de la mortalité a été observée entre 2010 et 2018. Le nombre de décès était d'environ 2 400 en 2018. Le cancer de l'endomètre survient essentiellement chez les femmes ménopausées. Les facteurs de risque sont notamment la puberté précoce, la ménopause tardive, la nulliparité, l'obésité et la prise de tamoxifène. Un cancer de l'endomètre peut être suspecté lorsque des symptômes sont apparus, comme en particulier des saignements vaginaux après la ménopause, ou en dehors des périodes de règles avant la ménopause. Ces symptômes sont non spécifiques au cancer de l'endomètre. Pour établir le diagnostic, une échographie pelvienne est d'abord réalisée. Concernant le cancer de l'ovaire, le taux d'incidence diminue régulièrement depuis 1990. On estime à 5 348 le nombre de nouveaux cas de cancers de l'ovaire en 2023. Le taux de mortalité a diminué entre 1990 et 2018. Le nombre de décès était estimé à 3 479 en 2018. Outre les anomalies génétiques, les facteurs de risque du cancer de l'ovaire sont essentiellement des facteurs hormonaux et reproductifs : puberté précoce, ménopause tardive, nulliparité. Ce cancer provoque peu de symptômes et est souvent diagnostiqué lorsque des cellules cancéreuses ont atteint le péritoine. Néanmoins, il peut être suspecté devant plusieurs signes, notamment la détection d'une masse ovarienne lors du suivi gynécologique ou d'un examen d'imagerie, l'apparition de douleurs abdominales ou pelviennes, une augmentation anormale du volume de l'abdomen liée à une ascite. Quel que soit le contexte de découverte d'une masse ovarienne, un certain nombre d'examens doit être réalisé pour confirmer le diagnostic de cancer et en évaluer le stade. Enfin, le cancer du col de l'utérus est le 12ème cancer féminin le plus fréquent. On estime à 3 159 le nombre de nouveaux cas en 2023. La baisse d'incidence observée depuis plusieurs décennies s'est interrompue et le taux d'incidence est stable depuis 2010. Le déploiement du dépistage organisé à partir de 2018, associé à un renforcement de la couverture vaccinale anti-HPV chez les adolescents pour atteindre les taux de couverture recommandés devraient, à terme, induire une diminution de l'incidence en France. Le dispositif « Mon bilan prévention » déployé par le ministère chargé de la santé et l'Assurance maladie, témoigne de l'ambition de prévention et de promotion de la santé pour agir sur les déterminants. Médecins, infirmiers, sages-femmes et pharmaciens peuvent accompagner les personnes lors de bilans de prévention dédiés à différents âges clés de la vie : entre 18 et 25 ans, 45 et 50 ans, 60 et 65 ans et 70 et 75 ans. L'objectif est de prévenir voire dépister précocement les maladies, et notamment les cancers. L'auto-questionnaire aborde la santé gynécologique et la fiche d'aide au repérage des risques proposée aux professionnels de santé permet de repérer les antécédents familiaux notamment de cancers gynécologiques, une ménopause précoce, ou encore d'évaluer la participation au dépistage organisé des cancers. La première étape de l'entretien avec le professionnel de santé doit permettre l'identification de facteurs de risque du patient dont les facteurs de risque des cancers gynécologiques. Par ailleurs, les professionnels de santé habilités peuvent réaliser un prélèvement cervico-utérin au décours du bilan s'ils l'estiment nécessaire. Ainsi, la montée en charge progressive du dispositif constitue un levier pour améliorer la santé gynécologique, la prévention et le repérage précoce des cancers gynécologiques. La publication du second volet 2026-2030 de la stratégie décennale de lutte contre les cancers viendra réaffirmer les enjeux de prévention et de dépistage y compris pour les cancers féminins.
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