Question de M. SZCZUREK Christopher (Pas-de-Calais - NI) publiée le 11/06/2026

M. Christopher Szczurek attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la situation préoccupante de la psychiatrie publique dans le Pas-de-Calais et sur le décalage croissant entre les ambitions affichées par le Gouvernement en matière de santé mentale et la réalité observée sur le terrain.

Alors que la santé mentale a été érigée en grande cause nationale, les acteurs de la psychiatrie publique continuent d'alerter sur la dégradation persistante de l'offre de soins. Dans la presse régionale, il est ainsi rapporté que l'établissement public de santé mentale (EPSM) Val de Lys-Artois de Saint-Venant, qui couvre près de la moitié de la population du Pas-de-Calais, est confronté à un taux de vacance d'environ 50 % de ses postes de psychiatres. Une telle situation compromet la continuité des prises en charge, allonge les délais d'accès aux soins et fragilise à la fois les patients et les équipes soignantes, dans un contexte marqué par une hausse continue des besoins en santé mentale depuis la crise sanitaire, notamment chez les jeunes.

Cette situation locale s'inscrit dans une crise plus large de la psychiatrie publique. Dans son rapport d'information publié en décembre 2024 sur les urgences psychiatriques, l'Assemblée Nationale a constaté une diminution des capacités de prise en charge dans le secteur public, entraînant un report croissant des patients vers des services d'urgences déjà saturés. Ces travaux soulignent également la situation particulièrement préoccupante de la pédopsychiatrie. De son côté, le Sénat relève qu'environ un tiers des postes de psychiatres sont aujourd'hui vacants dans les établissements publics de santé. Cette dégradation nationale trouve une traduction particulièrement concrète dans le Pas-de-Calais, où l'EPSM Val de Lys-Artois fait face à une vacance médicale d'une ampleur exceptionnelle.

Ces difficultés mettent en lumière une anticipation insuffisante de l'État en matière de formation, de recrutement et de renouvellement des effectifs dans une spécialité pourtant essentielle au bon fonctionnement de notre système de santé. Le Président de la République a lui-même reconnu que, pendant des décennies, la France n'avait pas formé suffisamment de psychiatres, reconnaissant ainsi une carence ancienne dans l'évaluation des besoins en santé mentale. Or, malgré la suppression du numerus clausus, plusieurs travaux parlementaires soulignent que les effectifs futurs risquent de demeurer insuffisants au regard de l'augmentation des besoins. Cette situation est d'autant plus préoccupante que les territoires les plus fragilisés, comme le Pas-de-Calais, ne disposent d'aucune garantie quant à l'installation des futurs praticiens.

Dans ce contexte, il lui demande quelles mesures concrètes le Gouvernement entend mettre en oeuvre pour résorber les vacances de postes de psychiatres à l'EPSM Val de Lys-Artois et, plus largement, dans les structures psychiatriques du Pas-de-Calais. Il souhaite également savoir comment le Gouvernement entend renforcer la formation et l'attractivité de la psychiatrie publique afin de garantir le renouvellement des praticiens sur l'ensemble du territoire. Enfin, il l'interroge sur les moyens qu'il envisage de consacrer au développement des infirmiers en pratique avancée spécialisés en psychiatrie et santé mentale, afin de soutenir les équipes médicales, d'améliorer le suivi des patients et de garantir un accès effectif aux soins psychiatriques dans les territoires les plus fragilisés.

- page 2879


En attente de réponse du Ministère de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Page mise à jour le